
Depuis le 7 août 2026, l’obligation de porter un casque ainsi qu’un équipement rétro-réfléchissant s’applique à tous les utilisateurs de trottinettes électriques, de gyroroues ou d’hoverboards circulant à Paris, ainsi que dans les départements voisins des Hauts-de-Seine, de Seine-Saint-Denis et du Val-de-Marne. Cette décision, prise par le préfet de police sous l’arrêté numéro 2026-00969, est en vigueur à tout moment sur l’intégralité de la voie publique, rapporte TopTribune.
Ce texte règlementaire laisse néanmoins une certaine flexibilité, en permettant de porter un gilet de haute visibilité ou tout autre équipement rétro-réfléchissant conforme aux normes établies. L’absence de cet équipement entraîne une amende de deuxième classe d’un montant de 35 euros. En cas de non-port du casque, la contravention s’élève à une amende de quatrième classe, soit 135 euros.
Une augmentation préoccupante des accidents mortels
Cette mesure a été instaurée en réponse à une hausse significative des accidents mortels liés à ces moyens de transport. Au cours de l’année écoulée, 86 usagers de trottinettes électriques ou d’appareils similaires ont tragiquement perdu la vie, représentant une augmentation de près de 40 % par rapport à l’année précédente. D’autres statistiques, plus générales, sur les engins de déplacement personnel motorisé rapportent 79 décès en 2025, contre 34 en 2024, avec déjà 20 tragédies enregistrées entre avril et juin 2026.
Dans un entretien sur RMC, l’avocat et chroniqueur Charles Consigny a nuancé ces chiffres. Il souligne que l’interdiction des trottinettes de location a entraîné une réduction de leur circulation, avec un transfert d’une partie des usagers vers le vélo.
“Il faut arrêter de faire chier les gens”
Lors d’un débat dans l’émission Les Grandes Gueules sur RMC Story le 10 août 2026, Consigny a jugé la mesure trop sévère : « Il faut arrêter de faire chier les gens », a-t-il déclaré, tout en exprimant des doutes sur la logique de sécurité, suggérant que si l’on devait vraiment prendre des mesures pour garantir la sécurité, il faudrait alors s’enfermer chez soi, car toute sortie présente un risque.
Il a également prédit que l’obligation de porter un casque s’étendrait aux cyclistes dans moins de cinq ans, entraînant potentiellement des mesures telles que l’immatriculation obligatoire et un contrôle accru par caméras. « Je suis pour la liberté et il faut supprimer toutes ces contraintes », a-t-il ajouté.
En revanche, l’entrepreneure et cycliste parisienne Flora Ghebali a exprimé un avis plus équilibré, affirmant que le code de la route n’est pas un endiguement total de la liberté. Tout en revendiquant ses droits, elle précise que liberté ne doit pas rimer avec anarchie.
Il est à noter que d’autres régions, telles que les Alpes-Maritimes, l’Yonne et le Vaucluse, avaient déjà adopté des règles exigeant le port du casque et d’un gilet réfléchissant bien avant cette réglementation. La Ligue contre la violence routière réclame la généralisation de cette obligation, estimant que des règles uniformes sur tout le territoire national sont essentielles pour une sécurité accrue. Pierre Lagache, vice-président de cette ligue, soutient que l’État doit assumer ses responsabilités en matière de sécurité pour les trottinettes.
Dans une interview accordée à France Télévisions, la ministre déléguée chargée de la sécurité routière a confirmé que des négociations sont en cours pour introduire le port obligatoire du casque à l’échelle nationale. Sur le terrain, les opinions des usagers parisiens sont partagées : certains considèrent que cette décision améliore leur sécurité, tandis que d’autres doutent de sa mise en œuvre efficace, craignant surtout une gestion abusive des amendes sans changement véritable des comportements.
Un gilet réfléchi ne suffit pas à garantir la conformité. Selon l’arrêté du 24 juin 2020, les équipements de protection doivent être marqués CE, avoir une surface d’au moins 150 cm² et être portés correctement entre la ceinture et les épaules, à l’exception du casque.
En pratique, deux normes encadrent ce marquage : l’EN ISO 20471, concernant les vêtements de haute visibilité professionnelle, et l’EN 17353, remplaçant les anciennes normes pour vêtements non professionnels. Tout gilet présenté comme simple accessoire de visibilité, mais sans certification EPI, ne sera pas jugé conforme, même s’il est hautement réfléchissant.