Le 8 juillet, lors de son départ du sommet de l’Otan en Turquie, Donald Trump a été exfiltré dans un conteneur de ravitaillement suite à une prétendue menace iranienne, un fait qui soulève des interrogations sur la sécurité du président américain et la communication de la Maison-Blanche, rapporte TopTribune.
Cette opération secrète, révélée par le Washington Post, a transpiré le 10 août, confirmant que Trump avait changé d’appareil en toute discrétion. Les détails de cette procédure, qui a eu lieu sur le tarmac de l’aéroport d’Ankara, ont provoqué des remous quant à la crédibilité de la menace à son encontre et la gestion de la communication depuis la Maison-Blanche.
Des journalistes laissés dans l’ignorance
Pour quitter Ankara, Air Force One a décollé avec douze journalistes à bord, persuadés de voyager avec Trump. Pendant ce temps, ce dernier a été transféré discrètement sur un autre avion, accompagné de quelques-uns de ses collaborateurs ainsi que de son ministre de la Défense, Pete Hegseth. Le secrétaire d’État Marco Rubio et le ministre des Finances Scott Bessent, demeurés sur le premier appareil, soulèvent des interrogations sur la véracité de la menace, leur position institutionnelle étant respectivement la troisième et la quatrième dans l’ordre de succession à la présidence.
Les journalistes, positionnés à l’arrière de l’avion dans une cabine isolée, n’ont pas eu vent de ce subterfuge. Ils ont même reçu une consigne inhabituelle de la sécurité pour tirer les rideaux des hublots, une directive rare en dehors de situations de conflit. À son arrivée sur la base militaire de Mildenhall, Trump a également retrouvé son équipe sans que les circonstances ne soient divulguées.
Un secret déroutant
Si des présidents américains ont déjà pris des mesures exceptionnelles lors de voyages, l’absence de transparence entourant cette opération suscite des critiques. Rarement, un président voyage sans accompagnement de journalistes représentant le public. En 2000, Bill Clinton avait déjà utilisé une méthode similaire en Inde, et en 2023, Joe Biden avait aussi pratiqué la discrétion lors de sa visite en Ukraine.
Ce manque de communication a rapidement pris une tournure politique, le Congrès n’ayant pas été informé de l’opération. Le chef de l’opposition au Sénat, Chuck Schumer, a exprimé son indignation face à cette situation, affirmant : « Il est inacceptable que le Congrès ait été laissé dans l’ignorance ».
L’administration Trump a également été critiquée pour le manque d’information transmis aux journalistes, cela étant une responsabilité cruciale pour protéger ceux qui couvrent les activités présidentielles. José Zamora du Comité pour la protection des journalistes a affirmé que « les journalistes devraient être informés des menaces crédibles pour leur sécurité ».
Des doutes sur la crédibilité de la menace
L’opposition démocrate exige des clarifications supplémentaires de la part de l’administration Trump, mettant en question la véracité des informations fournies par Israël concernant la menace iranienne. Le sénateur Chris Van Hollen a exprimé son scepticisme, déclarant qu’il était important de savoir dans quelle mesure ces renseignements étaient fiables.
Donald Trump a tenté de minimiser la situation en affirmant qu’il n’avait pas été surpris par la menace. « Je suis l’objet de beaucoup de menaces dont vous n’avez pas connaissance », a-t-il commenté, ajoutant qu’il suit les instructions de son « Secret Service ».