TotalEnergies affiche un bénéfice net record de 5,4 milliards de dollars en pleine crise énergétique

TotalEnergies affiche un bénéfice net record de 5,4 milliards de dollars en pleine crise énergétique

29.07.2026 07:06
2 min de lecture

TotalEnergies a annoncé un bénéfice net de 5,4 milliards de dollars pour le deuxième trimestre 2026, ce qui a suscité un vif débat. D’un côté, le groupe et le gouvernement considèrent ces résultats comme un signe d’un modèle industriel capable de protéger la France des tensions géopolitiques. De l’autre, ONG, opposition et stations indépendantes dénoncent des « profits de guerre » accompagnés d’une opération de communication. Cette discordance est exacerbée par l’augmentation des dividendes et une incapacité des automobilistes à faire le lien entre les bénéfices colossaux de l’entreprise et son offre limitée pour les consommateurs, rapporte TopTribune.

Le bénéfice de TotalEnergies s’élève à 11,2 milliards de dollars pour le premier semestre, tandis que la rémunération des actionnaires est augmentée. Ce tableau est révoltant pour de nombreux automobilistes, qui peinent à comprendre la logique de l’entreprise, qui annonce un geste commercial de 200 millions d’euros.

Une flambée portée par la guerre au Moyen-Orient

Le prix du baril a grimpé de 71 à 120 dollars en raison du conflit au Moyen-Orient. TotalEnergies a perdu environ 210 000 barils par jour, mais a compensé cette perte grâce à l’expansion de ses projets au Brésil, aux États-Unis et en Libye. Résultat : 5,4 milliards de dollars de bénéfice net au premier trimestre, et 6 milliards au deuxième, soit une augmentation de 68 % par rapport à l’année précédente. La majorité de cette hausse provient de segments comme le raffinage et le négoce, dont les marges ont augmenté de 187 % d’une année sur l’autre.

« Modèle intégré » : l’argument du groupe

Patrick Pouyanné, PDG de TotalEnergies, défend ces résultats par la stratégie de diversification du groupe : « Dans un environnement de prix élevé en lien avec le conflit au Moyen-Orient, TotalEnergies tire parti de son modèle intégré et de sa diversification pour afficher au deuxième trimestre un résultat net ajusté de 6 milliards de dollars. » Le groupe se positionne sur l’ensemble de la chaîne de valeur, profitant de chaque étape, y compris le négoce et le raffinage, dont les marges se sont significativement améliorées avec l’augmentation des prix du baril.

TotalEnergies souligne également sa contribution fiscale, estimée à environ 25 milliards de dollars par an entre 2022 et 2025.

Une opération commerciale contestée

Le 22 juillet, TotalEnergies a annoncé un plafonnement des prix (1,99 € l’essence, 2,24 € le gazole) dans 1 200 stations, juste avant la publication de ses bénéfices. Cette manœuvre a été qualifiée de « goutte d’eau dans un océan de profits » par la journaliste Catherine André lors de l’émission « Bonjour » sur TF1. Elle souligne que le plafonnement est limité aux stations en France, sans égard pour les marchés étrangers.

Pour l’expert Philippe Charlet, la situation confuse vient du modèle de distribution français : « Total vend à la limite de la perte […] les superprofits sont en fait extérieurs à la France ». Cette structure provoque également des difficultés pour les stations indépendantes, qui pourraient enregistrer une baisse de 40 % de leurs volumes de vente. La Fédération française des combustibles, carburants et chauffage a saisi l’Autorité de la concurrence, dénonçant une distorsion du marché en faveur de TotalEnergies.

Soutien de l’État, dividendes en hausse

La porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, a pris la défense de TotalEnergies, affirmant : « Je refuse le ‘Total bashing’. C’est une chance d’avoir en France un grand énergéticien capable d’assurer l’approvisionnement des Français. » Ce soutien s’accompagne d’une absence de taxation supplémentaire sur les surprofits, soulignant le rôle stratégique du groupe pour la sécurité nationale.

Les critiques de l’opposition, notamment de LFI, du PS et des Écologistes, appellent à une taxation des surprofits, tandis qu’une coalition d’ONG évoque des « profits de guerre ». Un des arguments majeurs des détracteurs reste que TotalEnergies a augmenté son dividende de 5,9 % et lancé un programme de rachat d’actions de 1,5 milliard de dollars — un effort nettement plus important que les 200 millions d’euros alloués en aide aux automobilistes.

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