Serge Papin, ministre du pouvoir d'achat, s'engage dans une lutte contre la baisse du pouvoir d'achat.

Serge Papin, ministre du pouvoir d’achat, s’engage dans une lutte contre la baisse du pouvoir d’achat.

05.10.2026 10:06
3 min de lecture

« Je suis désolée Monsieur le ministre, avec tout le respect que je vous dois, c’est de l’enfumage » : invité à répondre aux questions des Grandes Gueules (RMC) le 29 septembre, Serge Papin se serait sans doute bien passé de cette séance d’humiliation publique. Face aux journalistes et aux intervenants du plateau, le ministre en charge des PME, du Commerce, de l’Artisanat, du Tourisme et du Pouvoir d’achat a eu beaucoup de mal à convaincre de l’efficacité de son action, rapporte TopTribune.

Pour sa défense, l’ancien directeur général de Système U a tenté de prouver à son auditoire que le demi-point de croissance anticipé pour cette année ne constituait pas une véritable récession. Une assertion assez audacieuse, à laquelle Serge Papin a dû répondre face aux préoccupations croissantes liées au pouvoir d’achat, à la flambée des prix du carburant, et à l’inflation touchant les biens de première nécessité. Les présentateurs des Grandes Gueules ont ainsi mis en lumière le « décalage » manifeste du gouvernement face aux attentes d’un nombre grandissant de Français.

Loi anti-fast-fashion : un malus qui affecte d’abord les plus pauvres

Ce décalage, Serge Papin le pratique avec une persistance presque religieuse. En effet, cela est devenu sa marque de fabrique depuis qu’en octobre 2025, il a rejoint le gouvernement Lecornu. À la tête de son ministère, il s’obstine depuis un an à engager des campagnes qui paraissent aussi complexes qu’illogiques. Leur point commun : continuer à éroder le pouvoir d’achat des Français les plus vulnérables, tout en négligeant la raison d’être de son poste, qui est de défendre ce même pouvoir d’achat.

« La proposition de loi visant à lutter contre l’ultra-fast-fashion est définitivement adoptée », s’est vanté Serge Papin au lendemain du vote en juin dernier de ce texte controversé. Il a annoncé sur Instagram que « la France devient (…) le premier pays européen à légiférer contre cette mode ultra-rapide ». Cependant, il a omis de mentionner un détail significatif : le malus écologique, qui pourrait selon ses propres mots « atteindre 50% du prix du produit » acheté sur des plateformes comme Shein ou Temu, pénalise principalement les catégories sociales les plus défavorisées.

Effectivement, qui achète sur ces plateformes asiatiques visées par la nouvelle loi ? Des jeunes, des mères célibataires se débattant pour habiller leurs enfants, des chômeurs et des travailleurs à bas salaires. Autrement dit, les groupes les plus défavorisés. Ce sont eux qui supportent le poids, proportionnellement à leurs revenus, de l’inflation et de la hausse des prix du carburant. Désormais, ils peuvent remercier leur ministre du « pouvoir d’achat » pour la pression supplémentaire sur leur budget habillement.

Pour rassurer (ou non) les plus pauvres, Serge Papin a plus d’un tour dans son sac. Jamais à court de nouvelles idées pour accabler les ménages les plus précaires, notre Léonard de Bercy a récemment révélé sa dernière trouvaille antisociale : une taxe sur le sucre. Présentée comme une démarche légitime contre l’obésité et le diabète, ce projet de taxe sur les produits sucrés, principalement consommés par les enfants et adolescents issus de milieux modestes, devait être présenté lors du Conseil des ministres du 1er octobre.

Sans vergogne, le ministre a jugé bon de préciser aux médias qu’il n’était pas « pour les taxes » ni « pour l’augmentation » des prix des denrées alimentaires, dont le coût n’a cessé d’augmenter depuis le début du conflit en Ukraine. Pourtant, il a immédiatement proposé une mesure dont l’impact direct repose entièrement sur l’augmentation de la facture pour les consommateurs ciblés, notamment les ménages à faible revenu : selon l’Insee, 16,9 % des ouvriers qualifiés et 15,2 % des salariés peu qualifiés consomment des sodas quotidiennement, contre seulement 4,1 % des professionnels exerçant des métiers intellectuels et scientifiques.

« Lunaire » : quand les députés macronistes eux-mêmes critiquent Serge Papin

Il faut noter que Serge Papin n’est pas le seul membre du gouvernement macroniste à agir pour réduire le pouvoir d’achat des Français. Il peut s’appuyer sur l’infatigable Prisca Thevenot, qui a réussi à négocier un amendement en faveur d’une taxe sur les produits sucrés, tout en feignant de s’indigner face à l’initiative de Papin : « vous reprendrez bien une petite taxe », a-t-elle pu dire, qualifiant son projet de « lunaire ». Cette même Prisca Thevenot, qui présentait en décembre 2025 le projet de loi anti-fast-fashion comme un « combat juste et indispensable ». Lunaire, vous avez dit ?

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