Le gouvernement s'apprête à élargir la taxe sur les produits sucrés, incluant gâteaux et bonbons

Le gouvernement s’apprête à élargir la taxe sur les produits sucrés, incluant gâteaux et bonbons

03.10.2026 05:46
3 min de lecture

Le gouvernement français a annoncé l’imposition prochaine d’une taxe sur certains produits sucrés dans le cadre du budget pour 2027, présenté le jeudi 1er octobre 2026 lors d’un conseil des ministres. Cette mesure, visant à lutter contre l’obésité, avait été évoquée par le ministre du Commerce, Serge Papin, suscitant des réactions négatives de la part des industriels, qui mettent en garde contre une augmentation des prix pour les consommateurs. La mise en œuvre de cette taxe est désormais confirmée, rapporte TopTribune.

Un barème croissant selon la teneur en sucres ?

La taxe s’appliquera à des produits sucrés avec des additifs et emballés, a précisé Stéphanie Rist, ministre de la Santé. Les produits transformés dépassant un seuil de sucre, dont les détails restent à préciser, seront concernés. L’objectif est d’inciter les fabricants à améliorer la composition de leurs produits en instaurant un barème progressif basé sur la quantité de sucre contenue.

Actuellement, la structure de la taxe sur les boissons sucrées se distingue par les catégories suivantes :

  • 4 centimes pour les boissons contenant moins de 5 grammes de sucre par litre ;
  • 21 centimes pour celles avec entre 5 et 8 grammes ;
  • 35 centimes pour plus de 8 grammes par litre.

« Plus de 80 % de nos enfants dépassent la dose maximale de sucre »

La ministre a souligné les risques liés à la surconsommation de sucre, évoquant des maladies graves telles que les infarctus et le diabète. « En 2035, 70 % des dépenses de l’Assurance maladie seront liées à cette surconsommation », a-t-elle insisté.

« Certes il y a un rendement à cette taxe de 300 millions d’euros, mais nous devons ouvrir les yeux sur le fait que plus de 80 % de nos enfants dépassent la dose maximale de sucre quotidienne. »

Stéphanie Rist
Ministre de la Santé

Le gouvernement a également rapporté une augmentation de 170 % de la consommation d’aliments transformés sucrés depuis les années 1980, ce qui soulève des préoccupations sanitaires croissantes.

Agir sur l’offre alimentaire contre l’obésité et le diabète

Serge Papin a fait valoir que cette taxe répond à un enjeu de santé publique en raison de l’augmentation de l’obésité et du diabète. Il a déclaré : « Un enfant de 9 ans consomme autant de sucres que son grand-père durant toute sa vie. »

« Quand 80 % des enfants dépassent déjà les apports recommandés en sucres, la prévention ne peut pas se limiter à des messages : il faut aussi agir sur l’offre alimentaire. »

Serge Papin
Ministre du Commerce

Le gouvernement prévoit d’améliorer la prise en charge des personnes souffrant d’obésité, tout en mettant en place des actions préventives.

Un « coup de poignard dans le dos »

Malgré ces justifications, des critiques fusent. Jean-François Loiseau de l’Association nationale des industries alimentaires (Ania) a réagi en affirmant que « ce sont les consommateurs qui vont payer », une inquiétude partagée par de nombreuses industries alimentaires, notamment celles des boulangeries et des confiseries, qui craignent que cette taxe ne menace leur avenir.

Cette mesure suscite une forte opposition parmi les acteurs du secteur, qui estiment qu’elle pourrait nuire à un accord collectif visant à réduire le sucre dans les pâtisseries. Les syndicats de chocolatiers et de biscuitiers considèrent également que cela pourrait avoir des conséquences économiques désastreuses pour les entreprises familiales et locales.

200 millions de recettes

Pour le gouvernement, cette taxe pourrait générer 200 millions d’euros de recettes, un montant déjà évoqué par des députés dans des propositions antérieures. Bien que le gouvernement ait initialement rejeté cette initiative, la nécessité de réduire le déficit de la Sécurité sociale pourrait l’amener à reconsidérer ces mesures fiscales.

Enjeu sanitaire ou fiscal ?

Critiques et défenseurs de cette taxe s’opposent sur son efficacité à réduire la consommation de sucre. Certains soulignent que tant que ces taxes génèrent des recettes, elles ne parviennent pas à modifier les comportements alimentaires. La taxation des produits sucrés soulève donc des questionnements sur l’équilibre entre impératifs économiques et objectifs sanitaires.

Double peine pour les ménages précaires

Enfin, cette mesure pourrait disproportionnellement affecter les ménages précaires, déjà plus exposés à l’obésité. Selon une étude de 2024, 18 % des adultes en France sont obèses, une proportion qui monte à 25 % parmi ceux en situation économique difficile.

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