C’est une affaire judiciaire qui a conduit à un bouleversement politique à Saint-Étienne. L’ancien député socialiste, Régis Juanico, a remporté les élections municipales d’hier avec 44,13 % des suffrages, repoussant ainsi l’impact d’une affaire de chantage à la sextape qui a conduit à la démission de l’ancien maire Gaël Perdriau, condamné à quatre ans de prison ferme. Les résultats définitifs révèlent la mise à mal des ambitions de ses successeurs, Siham Labich et Marc Chassaubéné, qui n’ont pas réussi à se qualifier pour le second tour, rapporte TopTribune.
Cette victoire marque un tournant dans une ville de 175 000 habitants, où Régis Juanico, à la tête d’une large coalition de gauche, a nettement devancé le candidat du Rassemblement National, Corentin Jousserand, avec 26,68 % des voix, et l’ancien député LR Dino Cinieri, qui a obtenu 18,75 %. Valentine Mercier, candidate de LFI, a récolté 10,44 % des suffrages.
La victoire « des valeurs populaires »
Juanico a salué sa victoire comme celle des « valeurs populaires », affirmant que ces valeurs reflètent la fierté du passé minier et ouvrier de la région. « Nous sommes très conscients des atouts que nous avons pour relever cette ville avec un nombre d’emplois industriels très fort », a-t-il ajouté. Le nouvel élu a promis de s’employer dès son arrivée au pouvoir à revitaliser le centre-ville.
Cependant, il a exprimé ses inquiétudes quant à l’émergence du Rassemblement National en tant que première force d’opposition. « L’effondrement de la majorité en place au cours des derniers mandats est le résultat d’années de scandales politiques et judiciaires liés à l’affaire Perdriau, qui a entraîné la droite républicaine dans son sillage », a-t-il conclu.