Emmanuel Macron a effectué une visite à Marseille ce lundi, cherchant à démontrer son engagement face aux violences et à la contestation sociale qui secouent le pays. « Moi je serai toujours là […] on ne lâche rien pour les événements à venir », a-t-il affirmé lors de cette rencontre avec les forces de l’ordre. Le président a souligné que « On tient la République et l’ordre public aujourd’hui sans l’état d’urgence », rapporte TopTribune.
Malgré des critiques concernant son choix de maintenir un déplacement dans les pays du Golfe suite aux événements violents du 17 octobre, Macron souhaite afficher sa détermination à reprendre le contrôle de la situation. Avant de se rendre à Marseille, il a rencontré vendredi les représentants de la contestation lycéenne à l’Élysée. Cependant, le retour du président, dont la popularité est en déclin, pourra-t-il réellement conduire à une sortie de crise ?
« Je regrette le Macron bashing »
La députée Renaissance de l’Ain, Olga Givernet, a commenté la situation : « On pourrait se dire que dans la période, le rôle du président est surtout d’assurer le respect de la Constitution, mais on ne peut pas dire que ce soit une réussite côté gouvernement… Je suis donc rassurée de le voir s’impliquer sur la sécurité et les revendications lycéennes. » Elle exprime également sa crainte de voir ces problématiques tomber entre les mains de l’extrême gauche et du Rassemblement National.
Suite aux scènes de chaos du 17 octobre, l’intervention d’Emmanuel Macron avait suscité de vives critiques, même au sein de son propre camp. Eric Pauget, député LR des Alpes-Maritimes, a évoqué une intervention « déconnectée » des réalités. « Il est apparu complètement déconnecté. Son intervention lunaire n’était pas à la hauteur des enjeux », a-t-il déclaré. D’autres voix, comme celles de l’ancienne porte-parole du gouvernement Attal, ont insisté sur la nécessité de restaurer l’ordre et répondre aux préoccupations de la jeunesse.
Endiguer la colère
Après son voyage au Golfe pour sécuriser les approvisionnements en carburants, Macron est revenu sur le terrain. Au cours de son déplacement à Marseille, il a souligné que le week-end dernier a été « globalement bien maîtrisé » par les forces de l’ordre malgré les manifestations. « Le 24 octobre est un modèle, on a tenu et c’est ce qu’on continuera de faire », a-t-il assuré, ajoutant que la situation allait se stabiliser grâce à des réponses appropriées aux attentes de la population.
À l’approche de nouvelles mobilisations, notamment celle des gilets jaunes prévue le 31 octobre, et d’une journée de grèves et de manifestations le 5 novembre, le gouvernement espère contenir la colère sociale par des mesures concrètes. Parmi les propositions, une « refonte en profondeur » de Parcoursup a été évoquée. Toutefois, ces initiatives suffiront-elles à calmer les tensions ?
Un député MoDem a exprimé son regret sur le manque d’anticipation face aux crises : « On attend toujours des moments de crises aiguës pour changer les choses. C’est dommage. » Bien que le président se trouve à un niveau historiquement bas de popularité avec seulement 15 % d’opinions favorables dans les sondages, il semble que la colère générale de la société persiste, exacerbée par la hausse des prix des carburants et une désaffection croissante envers l’autorité présidentielle.
