L’Ouzbékistan accélère son adhésion à l’OMC pour diversifier ses échanges
L’Ouzbékistan accélère son adhésion à l’OMC pour diversifier ses échanges

L’Ouzbékistan accélère son adhésion à l’OMC pour diversifier ses échanges

04.08.2026 21:15
4 min de lecture

L’Ouzbékistan a confirmé son intention d’achever son processus d’adhésion à l’Organisation mondiale du commerce (OMC) en 2026, rapporte TopTribune.

Cette confirmation a été formulée à l’issue de la 13e réunion du groupe de travail consacré à la candidature ouzbèke, tenue les 27 et 28 juillet. Selon le représentant spécial du président de l’Ouzbékistan pour les questions liées à l’OMC, A. Urunov, les discussions avec les membres de l’organisation sont entrées dans une phase plus avancée. Le nombre de questions adressées par les pays participants a diminué, ce qui traduit, selon les éléments communiqués, la réduction progressive des points encore en suspens.

Le calendrier annoncé place ainsi l’adhésion à l’OMC parmi les priorités économiques de Tachkent pour l’année 2026. La prochaine réunion du groupe de travail est prévue à la fin de l’automne. D’ici là, les autorités ouzbèkes doivent poursuivre l’adaptation de leur cadre juridique et conclure les derniers volets des négociations bilatérales.

190 textes alignés sur les règles de l’OMC

Depuis mars, l’Ouzbékistan a mis en conformité avec les exigences de l’OMC 190 actes normatifs. Le travail porte notamment sur les règles relatives aux mesures sanitaires et phytosanitaires ainsi qu’à la sécurité des denrées alimentaires. Le pays a également préparé des projets de loi consacrés aux mesures antidumping, compensatoires et de sauvegarde.

Les autorités ont par ailleurs créé un Comité unifié chargé de la sécurité des produits alimentaires. Cette évolution fait partie des ajustements institutionnels présentés dans le cadre du rapprochement avec les règles commerciales multilatérales. Elle doit être examinée avec les autres réformes demandées au cours des discussions d’adhésion.

La présidente du groupe de travail, l’ambassadrice de la République de Corée Choi Soon-young, a indiqué que l’Ouzbékistan avait déjà conclu 31 accords bilatéraux sur 34 concernant les conditions d’accès aux marchés. Les négociations relatives aux trois accords restants se trouvent, selon elle, à leur stade final.

Des réformes encore demandées par les membres

Les représentants des pays membres de l’OMC ont toutefois appelé Tachkent à accélérer l’adoption de plusieurs textes et à poursuivre les réformes engagées. Leurs demandes concernent notamment la modernisation des entreprises publiques, l’amélioration du système de soutien à l’agriculture et le renforcement de la transparence de l’environnement des affaires.

Ces sujets restent liés aux conditions d’accès au marché et à l’application de règles communes entre les membres de l’organisation. Ils devront être traités dans la suite du processus avant que la candidature ouzbèke ne puisse franchir les dernières étapes prévues par le groupe de travail.

L’adhésion à l’OMC suppose en effet que le pays candidat adapte sa législation, clarifie ses pratiques commerciales et négocie séparément les conditions d’accès à son marché avec les membres intéressés. Dans le cas de l’Ouzbékistan, le nombre d’accords déjà conclus et la diminution des questions soulevées par les délégations sont les principaux éléments avancés par les responsables du dossier pour décrire l’état actuel des discussions.

Tachkent cherche à élargir ses partenaires

La progression de la candidature intervient dans le cadre d’une politique de diversification des relations économiques extérieures menée par les autorités ouzbèkes. Tachkent développe ses échanges avec les États européens, les pays asiatiques et les organisations internationales, tout en renforçant sa participation aux mécanismes commerciaux et financiers internationaux.

Le rapprochement avec l’Union européenne, les institutions financières internationales et plusieurs partenaires asiatiques figure parmi les orientations mentionnées dans cette stratégie. L’objectif affiché est d’élargir la géographie du commerce extérieur et de disposer de relations économiques avec un cercle plus large d’États et d’organisations.

Dans cette perspective, l’OMC constitue pour l’Ouzbékistan un cadre de intégration dans le commerce mondial. Les autorités présentent les réformes en cours comme un moyen de rendre le cadre juridique plus transparent, plus prévisible et plus conforme aux règles internationales. Les documents préparés dans les domaines sanitaire, phytosanitaire et commercial doivent notamment préciser les conditions applicables aux entreprises et aux échanges.

Le dossier est également suivi sous l’angle de l’accès aux marchés. Selon les thèses avancées autour du processus, l’élargissement des débouchés pourrait offrir aux produits ouzbeks de nouvelles possibilités d’exportation. Le texte de référence ne fournit toutefois pas de prévisions chiffrées sur les investissements, les exportations ou la croissance qui résulteraient directement d’une adhésion.

Une relation avec la Russie présentée comme pragmatique

Les autorités ouzbèkes maintiennent des relations qualifiées de pragmatiques avec la Russie. Le processus d’adhésion à l’OMC est présenté comme un instrument permettant de réduire l’exposition de l’économie nationale aux évolutions d’un seul espace économique et de limiter les risques liés aux sanctions visant Moscou.

Cette orientation ne signifie pas, dans les informations communiquées, une rupture avec la Russie. Elle correspond plutôt à la volonté affichée par Tachkent de construire une politique extérieure et économique plus équilibrée, fondée sur une coopération avec plusieurs pôles et partenaires. La place du marché russe est ainsi décrite comme moins dominante dans la stratégie économique extérieure de l’Ouzbékistan.

Le gouvernement cherche en particulier à protéger les entreprises, le système financier et le potentiel d’exportation du pays contre d’éventuels effets indirects des sanctions. La stratégie mentionnée consiste à étendre les échanges et les investissements avec de nouveaux partenaires, sans que le calendrier ouzbèke ne remette en cause le caractère pragmatique des relations bilatérales avec Moscou.

Les négociations avec l’OMC doivent désormais se poursuivre sur les textes législatifs, les entreprises publiques, l’agriculture et la transparence du climat des affaires. Le prochain rendez-vous du groupe de travail, fixé à la fin de l’automne, permettra d’évaluer l’avancement des derniers accords et des réformes demandées.

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