Pressions autour du budget de la Sécurité sociale entre le gouvernement et le Parti socialiste

Pressions autour du budget de la Sécurité sociale entre le gouvernement et le Parti socialiste

30.11.2025 17:57
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Des appels au compromis et des mises en garde réciproques se multiplient entre le gouvernement Lecornu et le Parti socialiste concernant le budget de la Sécurité sociale, qui est à l’ordre du jour de l’Assemblée nationale mardi, avec un vote crucial prévu le 9 décembre, rapportent TopTribune.

Lundi midi, Sébastien Lecornu recevra les représentants du PS dans le cadre de nouvelles concertations mises en place par Matignon pour établir un compromis. L’échéance approche : le projet de loi de finances de la Sécurité sociale (PLFSS) sera examiné à l’Assemblée mardi.

La réforme des retraites

Ce texte a été renvoyé dès samedi en commission à l’Assemblée nationale, après avoir subi des modifications significatives au Sénat, dominé par la droite et le centre. Il revient notamment sur la suspension de la réforme des retraites, une concession faite par Sébastien Lecornu aux socialistes pour éviter une censure.

Au terme d’un examen rapide, la commission des Affaires sociales de l’Assemblée a rejeté le texte, soulignant les difficultés qui se profilent pour le gouvernement lors du vote en séance. Les socialistes se sont abstenus lors du vote final, alors que les membres des Républicains (LR) ont voté contre. Au sein du bloc central, les députés Horizons hésiteront entre un vote contre ou une abstention, selon le président de la Commission des affaires sociales, Frédéric Valletoux.

« Incohérence » du PS ?

« Si le projet de loi de finances de la Sécu n’est pas adopté le 9 décembre prochain, on pourra tous constater l’échec des discussions parlementaires » et « je crois qu’à la fin, on est tous perdants », a averti la porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, dimanche sur LCI, évoquant « un budget de compromis qui vise à tenir un an, un an en attendant les élections présidentielles ».

Mais avec qui établir ce compromis ? Dans un entretien au Parisien, le président du groupe PS, Boris Vallaud, a souligné « une grande dispersion » dans les positions des partis soutenant le gouvernement, notamment LR et Horizons. « Le gouvernement ne peut pas attendre des socialistes ce qu’il n’obtient pas de sa majorité », a prévenu Boris Vallaud. Il a insisté sur le fait que sans un vote positif du PS, ce PLFSS « ne passera pas », ce à quoi Maud Bregeon a répondu, « je ne saurai pas expliquer aux Français que les socialistes ne votent pas favorablement » pour un texte qui suspend la réforme des retraites, considérant cela comme une « incohérence » mal comprise par l’opinion publique.

Revenir sur l’abandon du 49.3 ?

Qu’en est-il du bloc central ? Aux députés d’Horizons, le parti d’Édouard Philippe, Maud Bregeon a déclaré qu’il est souhaitable de travailler ensemble pour trouver des compromis permettant de ne pas dépasser un déficit de la Sécurité sociale de 20 milliards d’euros. Du côté de LR, Philippe Juvin, rapporteur général du Budget de l’État, a exprimé son « très vif désir » de ne pas voter le PLFSS, étant « très défavorable » à la suspension de la réforme des retraites, ayant l’impression que chaque jour, une nouvelle demande des socialistes surgit.

Dans ce contexte incertain, se pose la question de savoir si Sébastien Lecornu doit revenir sur son abandon du recours au 49.3. Même parmi les socialistes, qui le demandaient, cette option refait surface, évoquée par François Hollande et non formellement écartée par Boris Vallaud. Philippe Juvin, côté LR, plaide également pour cette option. La réaction générale semble indiquer que la méthode importe moins que l’atteinte d’un budget équilibré, comme l’a noté l’ancienne Première ministre Élisabeth Borne sur France Inter et France Info.

Quant au budget de l’État, un compromis apparaît plus incertain. Le Sénat continue son examen jusqu’à la mi-décembre, apportant des modifications minutieuses au projet de l’Assemblée : samedi, il s’est opposé à la surtaxe sur les entreprises, l’une des propositions phare du gouvernement, qui escomptait en tirer quatre milliards d’euros de recettes.

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