Plus de 250 ONG et personnalités alertent sur la menace d'extinction de l'Ademe

Plus de 250 ONG et personnalités alertent sur la menace d’extinction de l’Ademe

06.05.2026 12:36
2 min de lecture

Après des menaces de suppression de l’Agence bio, l’Agence de la Transition écologique (Ademe) se retrouve également en péril. Ciblée par un projet de loi divulgué le 16 avril dans lequel il est proposé de placer ses directions régionales sous l’autorité des préfets, l’agence environnementale s’efforce de naviguer cette situation délicate, rapporte TopTribune.

Suite à une mobilisation sans précédent des six organisations syndicales du Comité social d’administration ministériel de l’Ademe le 28 avril, durant laquelle une déclaration commune a dénoncé « un dispositif qui détruit l’Ademe sans le dire », plus de 250 ONG et personnalités de la société civile se sont cette fois engagées dans la bataille.

Dans une tribune récemment publiée, ces groupes ont exprimé leurs préoccupations quant à une possible « extinction » de l’agence environnementale en raison du projet de réorganisation orchestré par l’État. Ils soulignent que l’Ademe est essentielle à la mise en œuvre de politiques écologiques efficaces.

Une « politique écologique ambitieuse »

Les signataires de la tribune, parmi eux l’ancienne ministre Cécile Duflot et le réalisateur et militant Cyril Dion, avertissent que « de telles dispositions signifient l’extinction, au bout de quelques années, de l’Agence de la Transition écologique et de tous les projets qui existent ou se lancent avec elle ». Ils se questionnent également sur la capacité de l’Ademe à réaliser ses missions sans son réseau régional, qui constitue son bras opérationnel.

Ces acteurs de la société civile mettent en avant l’« expertise scientifique » et l’« ancrage territorial » de l’Ademe ainsi que son rôle crucial dans la promotion d’une « politique écologique ambitieuse ». Leur appel met en exergue l’impact potentiel de la réorganisation en cours sur l’avenir de cette institution.

Le gouvernement défend l’Ademe

Du côté du gouvernement, il a été affirmé qu’il est « hors de question de supprimer l’Ademe », selon les dires de la ministre de la Transition écologique, Monique Barbut, lors d’une audition parlementaire le 15 avril. Elle a précisé que l’intention est plutôt de « clarifier le rôle de l’Ademe au sein du giron de l’État » et d’améliorer les synergies avec les services déconcentrés de l’État, tout en maintenant l’intégrité de l’opérateur.

Cependant, cette déclaration n’a pas apaisé les craintes des défenseurs de l’environnement. L’Ademe, tout comme d’autres agences gouvernementales, fait l’objet d’attaques croissantes de la part de responsables politiques de droite et d’extrême droite, qui appellent à sa fermeture, arguant que son fonctionnement est trop coûteux. Néanmoins, les signataires de la tribune rappellent que l’Inspection générale des Finances n’a formulé aucune critique structurelle du modèle de l’Agence à l’issue d’une mission approfondie au printemps 2024.

Les propositions de réorganisation continuent de susciter des inquiétudes quant à l’avenir de l’Ademe, jugée indispensable pour le pilotage des politiques de transition écologique en France. Alors que la mobilisation des ONG et des personnalités continue d’augmenter, le débat sur l’efficacité et la nécessité de l’Ademe comme acteur central de la politique environnementale reste d’actualité.

Les prochaines semaines seront cruciales pour le sort de l’Ademe, alors que le gouvernement s’efforce de rassurer ses opposants tout en jonglant avec des manœuvres budgétaires qui pourraient compromettre des institutions clés dans la lutte contre le changement climatique.

Dans un contexte où la lutte contre le changement climatique est plus pressante que jamais, il est impératif que l’Ademe conserve sa capacité opérationnelle pour répondre aux défis environnementaux que traverse la France.

Laisser un commentaire

Your email address will not be published.

Dernières nouvelles

À NE PAS MANQUER