Coup de tonnerre au lancement de la primaire de la gauche démocratique et sociale. Alors que le processus de départage pour l’élection présidentielle démarre ce mercredi, le député de l’Eure Philippe Brun, 34 ans, a été écarté de la compétition à la suite de sa suspension à titre conservatoire du Parti socialiste et de son groupe à l’Assemblée, rapporte TopTribune.
Cette procédure a été initiée par une militante, également décrite comme une ancienne collaboratrice « licenciée pour faute grave » par le député. Dès début juillet, elle avait saisi la commission de lutte contre le harcèlement et les discriminations ainsi que la Commission nationale des conflits du parti. Après avoir relancé ces instances en août, elle a présenté ses griefs à un membre de la direction mardi soir. Selon des sources internes, elle aurait également déposé une plainte au pénal.
Demande d’exemplarité
Ce mercredi matin, le Bureau national a validé cette mesure d’urgence « à l’unanimité moins une opposition et trois abstentions ». Pour légitimer cette décision, le PS évoque la « défense des droits des femmes ». « La direction nationale du Parti socialiste a été informée hier soir de faits susceptibles de relever d’une caractérisation pénale concernant le candidat Philippe Brun […]. Le Parti socialiste ne transige ni sur la défense des droits des femmes, ni sur l’exemplarité qui doit être la sienne », indique le parti dans un communiqué.
Le dispositif socialiste souligne un enjeu symbolique alors qu’il présente au même moment à l’Assemblée une proposition de loi dite « intégrale » contre les violences sexuelles faites aux femmes et aux enfants. « Le PS ne se substitue pas à la justice, mais l’article 4.3.4 de nos statuts permet de prononcer une mesure de suspension à titre conservatoire », précise la direction. Celle-ci rappelle qu’elle ne souhaite pas « se substituer aux instances et juridictions compétentes ».
La « stupeur » du candidat écarté
Philippe Brun a exprimé sa « stupeur » face à son exclusion, affirmant qu’il ignore « ce qui (lui) est reproché ». L’élu se désole de ne pas avoir été entendu par les commissions du parti et regrette qu’« sur la foi d’un signalement envoyé hier à 23h50 on empêche un parlementaire ayant réuni tous ses parrainages d’être candidat ».
À ce jour, seuls cinq prétendants demeurent qualifiés pour les scrutins prévus les 9-10 et 16-17 octobre prochains. Il s’agit d’Olivier Faure, premier secrétaire du parti, du député Jérôme Guedj, et de Ségolène Royal, ex-candidate à la présidentielle. Deux chefs de parti, dispensés de parrainages internes, font également partie de la liste : Raphaël Glucksmann (Place publique) et Emmanuel Maurel (Gauche républicaine et socialiste).