« On a envie d’étonner et de surprendre » : BigFlo et Oli se confient avant leur concert à Reims

« On a envie d’étonner et de surprendre » : BigFlo et Oli se confient avant leur concert à Reims

09.10.2026 20:26
5 min de lecture
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BigFlo et Oli en tournée « Karma Tour ».

Quand ? Le vendredi 9 octobre à 20 heures.

Où ? à la Reims Arena.

Tarifs : de 45 euros à 77 euros.

Infos et billets sur www.reimsarena.com et dans tous les points de vente en ligne habituels. Les rappeurs seront aussi au Zénith d’Amiens le jeudi 19 novembre 2026 à 20 heures.

Comment votre musique a-t-elle été influencée par votre famille, la religion… ?

On a été influencés par un mélange de croyances. Le côté algérien, on était de confession musulmane et le côté argentin catholique, sans oublier l’athéisme de nos parents qui ont fait le choix de s’éloigner des religions, mais c’est aussi propre à notre génération un peu moins engagée religieusement mais qui se pose des questions et qui, à sa manière, cherche sa foi et sa vision des choses. C’est pour ça que cet album, nous l’avons appelé « Karma ». Ça se rattache à une sorte de religion qu’on s’est créée et c’est un mélange de tout ce qui s’est passé avant qui a construit ce que l’on est aujourd’hui.

Quelle est la place de la spiritualité dans votre musique ?

On essaie d’exprimer tous ces questionnements profonds, et cette vision qu’on trouve parfois injuste quand la vie nous enlève des proches sans justification. Mine de rien, on est assez spirituels avec Flo sur ce rapport à la vie et notre rapport à la musique puisqu’elle est toute notre vie.

« On était les petits de province souvent sous-estimés et incompris et pour qui le temps a bien fait les choses »

À travers « Karma », quel message voulez-vous faire passer ?

« Karma », c’est à la fois la revanche et aussi croire en la vie. Il y a une allégorie sur notre carrière et une métaphore puisqu’on était les petits de province souvent sous-estimés et incompris et pour qui le temps a bien fait les choses. On a rencontré notre public et on remplit des Zéniths dix ans après nos débuts. C’est vraiment précieux.

Quelle est la signification des gants de boxe sur votre affiche pour votre tournée des festivals de cet été ?

C’est un clin d’œil à Basquiat et Andy Warhol, leur expo à quatre mains. Ça fait comme un faux match de boxe et on trouvait ça marrant car c’était la tournée d’été et on pensait s’échauffer comme pour un match de gala avant de commencer les Zénith (la tournée du Karma Tour a débuté fin septembre). Sans se comparer à leur talent, on avait l’impression d’être un peu pareil.





Est-ce que vous auriez pu faire cet album avant les quatre autres ?

Il tombe à point nommé car on n’aurait jamais pu faire cette musique-là avant les précédentes. C’est à la fois l’évolution et la recristallisation de toute notre expérience. On a des sonorités différentes un peu latino avec « Picasso », d’autres viennent du rap américain comme les morceaux de Jay-Z ou de Kanye West à l’époque. C’est pour ça que « Karma » n’aurait pas pu se faire sans le parcours qu’on connaît.

L’IA est-elle pour vous un moyen de travailler ?

Ça reste un point d’interrogation pour nous, mais je pense que ça peut devenir un outil de création qui peut aider. J’attends d’y voir plus clair dans la législation et les droits d’auteur et comment ça va évoluer. Pour l’instant, je reste méfiant.

Dix ans de carrière, comment les avez-vous vécus ?

Ça a été très rapide quand je pense à tout ce qui nous est arrivé. Parfois je me dis que c’est dingue. On a vraiment vécu mille et une choses en pensant que c’était hier. Il y a dix ans qu’on est disque de platine, qu’on remplit les Zénith parce que le public nous suit et on en est très très fiers !

« On était si jeunes pour traverser tout ça, supporter la pression »

Vous êtes les deux plus jeunes rappeurs à avoir reçu un disque d’or. Qu’est-ce que ça signifie pour vous ?

À l’époque, on ne le réalisait pas trop, on était si jeunes pour traverser tout ça, supporter la pression et tout le boulot qu’on a fait. Alors j’ai le sentiment qu’aujourd’hui, ça représente plus qu’à l’époque.

Considérez-vous Orelsan comme un mentor ?

Comme une inspiration en tout cas et peut-être un mentor à nos débuts car on a fait ses premières parties et il partageait nos clips. On a pas mal de points communs car il a été en duo longtemps, il raconte sa vie de province comme nous et il porte toute une fierté et sa ville derrière lui, c’est pour ça qu’il y a pas mal d’affiliations possible.

Qu’est-ce qui vous différencie des autres rappeurs ?

Ce qui est génial dans le rap, c’est qu’il faut de tout pour faire un rap. Qu’on aime ou pas, c’est pas juste des auteurs qui écrivent et qui les interprètent. Le rap, c’est tellement personnel que chaque musique, chaque album, chaque artiste raconte une histoire, son vécu et ses références. Un texte de rap ne peut pas être chanté par quelqu’un d’autre que celui qui l’a écrit.

Vous avez tourné dans plusieurs films, c’est un peu votre « récréation » ?

À chaque fois qu’on a eu l’occasion de faire un petit clin d’œil au cinéma, ça a toujours été marrant et ça nous ferait bien kiffer de prolonger l’aventure. On a eu des propositions récentes mais on n’a pas trouvé le temps. C’est quelque chose qui pourrait nous faire du bien.

« À Reims, on va jouer un ou deux morceaux inédits »

Pensez-vous que le rap soit à cette génération ce que le rock était aux années 60 ?

Plus sur la génération d’avant car il y a une forme d’engagement et de rébellion qui est un peu moins marquée aujourd’hui. Si on prend le rap des années 90-2000, je pense beaucoup qu’il y a d’affiliations à faire, c’est un mouvement de la jeunesse qui vient de la rue qui exorcise plein de problèmes et de questions. Ça défoule, le rap fait parfois scandale, il sort des rangs et prend la direction de ce qu’a pris le rock après. Qui aurait cru, à leurs débuts, que les Rolling Stones seraient écoutés partout jusqu’à nos jours ? Je pense que dans la racine et dans l’élan du mouvement, il y a une vraie similitude.

Qu’allez-vous proposer à Reims ?

On prend vraiment la scène au sérieux, ceux qui sont déjà venus nous voir en concert le savent : on essaie de construire à chaque fois un vrai spectacle et cette fois, on a un décor quasi théâtral. On a cette envie d’étonner et de surprendre et en live, on va jouer un ou deux morceaux inédits avec une formation musicale très solide avec des cuivres, violoncelliste, bassiste. Ce sera vraiment une expérience avec un concept que les gens découvriront.

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