L’Argentine envisage l’acquisition de trois sous-marins de classe Scorpène. Bien que ce projet ne soit pas encore concret, il suscite déjà l’intérêt d’observateurs militaires qui se penchent sur les sous-marins avancés. Le gouvernement de Buenos Aires aspire à finaliser cette opération avant 2028, une échéance qui implique des dimensions politiques et industrielles tout en incluant plusieurs nations, rapporte TopTribune.
Qui sont les acteurs en jeu ?
Divers acteurs étatiques et industriels sont impliqués dans ce projet. D’après les informations d’actu.fr, la nation argentine se positionne comme l’acheteur potentiel. Son président, Javier Milei, a évoqué cette intention lors de son déplacement en France en novembre 2025. Parallèlement, le Brésil propose d’effectuer la construction des sous-marins sur son sol, une initiative soutenue par son ministre de la Défense, José Múcio Monteiro Filho, qui s’est rendu en Argentine le 26 mai 2026.
Concernant les fournisseurs, la France est pressentie par l’intermédiaire de Naval Group, tandis que l’Allemagne reste en compétitivité avec ThyssenKrupp Marine Systems (TKMS). Les Pays-Bas sont également mentionnés comme potentiels acteurs concernant d’autres programmes maritimes et des modèles tels que le BlackSword Barracuda et la classe Invincible.
Le volet industriel et technologique du projet
Le chantier naval brésilien Itaguaí Construções Navais SA (ICN), situé à Itaguaí dans l’État de Rio de Janeiro, est techniquement apte à réaliser la construction des trois Scorpène destinés à l’Argentine. Ce chantier a déjà livré quatre sous-marins de ce type à la marine brésilienne grâce à un transfert technologique. Naval Group, qui détient 41 % des parts de la coentreprise avec ICN, a démontré sa capacité à collaborer sur des projets complexes, bien qu’il ne s’implique pas dans la construction de réacteurs nucléaires.
Initialement, Cherbourg avait été envisagé pour cette construction, mais les engagements en cours sur le site français, notamment pour les SNLE de classe Invincible et le BlackSword Barracuda destiné aux Pays-Bas, rendent cette option difficile. Cela renforce l’attrait pour la solution brésilienne, qui pourrait également offrir des bénéfices économiques et technologiques à l’industrie de défense locale.
Aspects géopolitiques et économiques
Le dossier présente également des enjeux géopolitiques. Le Brésil vise à renforcer son secteur de défense et mise sur les emplois et les recettes fiscales qu’un tel contrat pourrait générer. Pour la France, Naval Group demeure un partenaire technologique crucial, bien que la concurrence de TKMS en Allemagne soit persistante.
L’établissement d’un accord pourrait constituer un tournant dans la coopération militaire en Amérique du Sud, ancré dans les capacités industrielles du Brésil. Bien que les perspectives semblent encourageantes, rien n’est encore officialisé : les négociations se poursuivent et le lobbying est actif, laissant la possibilité à TKMS de créer la surprise.