Naissances : les statistiques de la mortalité périnatale mettent en lumière des inégalités marquées.

Naissances : les statistiques de la mortalité périnatale mettent en lumière des inégalités marquées.

07.07.2026 10:37
4 min de lecture

La mortalité périnatale englobe à la fois les naissances sans vie et les décès d’enfants vivant durant les sept premiers jours après la naissance. Pour l’année 2024, ce critère a atteint 11,2 pour 1.000 naissances en France, selon la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees), qui a enregistré 7.398 décès périnataux pour un total de 661.822 naissances, rapporte TopTribune.

Mortalité périnatale : un indicateur révélateur dans le domaine de la santé publique

La mortalité périnatale ne peut être considérée comme un simple indicateur hospitalier ; elle est imbriquée dans divers domaines comme le dépistage prénatal, l’accès aux soins, la gestion des grossesses à risque, l’organisation des maternités, ainsi que les défis liés à la santé maternelle et aux inégalités sociales. La Drees fait état d’une hausse de ce taux depuis 2021, avec une accélération en 2024, après des fluctuations autour de 10,5 pour 1.000 naissances entre 2014 et 2021.

Dans une étude diffusée le 7 juillet 2026, la Drees indique que « la mortalité périnatale concerne un peu plus d’une naissance sur 100 ». Cependant, cette moyenne nationale cache une réalité très hétérogène selon le profil médical des grossesses et les zones géographiques.

Ce phénomène est en grande partie dû aux décès in utero. En 2024, la mortinatalité a représenté 82% des décès périnataux, avec un taux de 9,2 pour 1.000 naissances totales. Les décès néonatals précoces, quant à eux, concernent les enfants nés vivants mais décèdent dans la première semaine, atteignant un taux de 2,0 pour 1.000 naissances totales.

Facteurs de risque : Prématurité et grossesses multiples

Le premier facteur de risque identifié demeure l’âge gestationnel. Selon la Drees, 84% des décès périnataux surviennent après un accouchement prématuré, c’est-à-dire avant 37 semaines d’aménorrhée. Le taux atteint 125,7 pour 1.000 naissances prématurées, contre à peine 2,0 pour 1.000 pour celles à terme.

Les grossesses multiples présentent également un risque significatif. La mortalité périnatale s’élève à 36,7 pour 1.000 naissances multiples, en comparaison avec 9,7 pour 1.000 naissances uniques. Selon la Drees, le risque est ainsi multiplié par 3,8 pour les jumeaux, triplés ou autres grossesses multiples.

L’âge de la mère joue un rôle majeur. Le taux de mortalité périnatale atteint 18,1 pour 1.000 chez les mères de moins de 20 ans et 17,6 pour 1.000 chez celles ayant 40 ans ou plus. En revanche, il est nettement inférieur, à 9,9 pour 1.000, chez les femmes âgées de 30 à 34 ans. La Drees explique ces disparités par la présence de complications et de pathologies préexistantes chez les mères plus âgées, ainsi que par un suivi souvent plus délicat et des conditions sociales moins favorables pour les plus jeunes.

Inégalités sociales et impact sur la santé périnatale

Les disparités géographiques dans les données sont frappantes. Dans les communes regroupant le cinquième de la population les plus défavorisée, le taux de mortalité périnatale atteint 12,0 pour 1.000, tandis qu’il se réduit à 9,5 pour 1.000 dans les zones les moins défavorisées.

Cette différence souligne que le suivi de la grossesse ne dépend pas uniquement de la disponibilité médicale. La précarité peut affecter la régularité des consultations, le diagnostic des complications, l’accès aux tests, ainsi que les conditions de logement et la capacité à rejoindre une maternité adéquate. La Drees note également que les facteurs de risque identifiés ne suffisent pas à expliquer l’augmentation observée depuis 2014.

Un rapport de Santé publique France pour la période 2010-2019 soutenait déjà cette thèse, révélant des indicateurs périnataux disparates, en particulier dans les départements et régions d’outre-mer, pour lesquels les taux de mortalité périnatale avoisinaient 17 pour 1.000 naissances entre 2012 et 2019, contre environ 10 pour 1.000 sur la totalité du territoire national.

Différences territoriales dans les départements d’outre-mer

L’analyse des naissances révèle des écarts significatifs. En 2024, le taux de mortalité périnatale varie de 9,3 pour 1.000 en Auvergne-Rhône-Alpes à 21,0 pour 1.000 en Guadeloupe. D’après la Drees, les départements et régions d’outre-mer affichent un taux en moyenne supérieur de 60% à celui de la France métropolitaine.

Dans son évaluation 2010-2019, Santé publique France parlait d’une « situation précaire, mais inégale, dans les DROM ». L’agence y signalait notamment des taux élevés de mortalité néonatale dans ces territoires, tout en restant prudente sur certaines tendances à interpréter en raison des effectifs réduits et des fluctuations annuelles.

Ces inégalités territoriales soulèvent des questions sur l’organisation des soins. La disponibilité des maternités, la hiérarchisation des soins, l’identification des grossesses à risque et les obstacles sociaux influencent la situation. L’objectif n’est pas seulement d’observer ces différences régionales, mais de comprendre pourquoi certains territoires accumulent autant de risques.

La mortalité infantile comme indicateur global

L’augmentation de la mortalité périnatale s’inscrit dans une dynamique plus large de détérioration des indicateurs entourant la naissance. En avril 2025, l’Insee a signalé que 2.700 enfants de moins d’un an avaient perdu la vie en 2024, équivalent à 4,1 décès pour 1.000 naissances vivantes. Ce chiffre a progressé depuis 2011, passant de 3,5 à 4,1 pour 1.000.

L’Insee a exprimé cette statistique à l’aide d’une formule simple : « un enfant sur 250 meurt avant son premier anniversaire ». L’institut a également précisé que l’augmentation depuis 2011 découle uniquement de la montée de la mortalité entre 1 et 27 jours de vie, qui est passée de 1,5 à 2,0 pour 1.000, tandis que les décès le jour de la naissance et ceux survenant après 28 jours sont restés presque stables.

La comparaison avec les autres pays européens révèle des préoccupations supplémentaires. Selon l’Insee, le taux français de mortalité infantile surpasse la moyenne de l’Union européenne depuis 2015. En 2023, ce taux s’établissait à 4,0 pour 1.000 en France, contre 3,3 pour 1.000 au sein de l’Union européenne.

Données périnatales

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