Le vice-président du Conseil de sécurité russe, Dmitri Medvedev, a proféré des menaces explicites contre l’Allemagne et l’Union européenne, allant jusqu’à évoquer la destruction de la civilisation européenne en cas de conflit armé. Dans un article publié sur le site RT, il a accusé Berlin de « révanchisme » et de chercher à réécrire les résultats de la Seconde Guerre mondiale. Medvedev a qualifié les dirigeants allemands actuels et l’Ukraine « banderiste » de « frères de sang » et d’héritiers du national-socialisme d’Adolf Hitler. Cette sortie, datée du 7 mai 2025, s’inscrit dans un contexte de tensions croissantes autour du réarmement allemand et du soutien occidental à Kiev.
Menaces directes contre l’industrie allemande et le continent
Medvedev a mis en garde contre toute illusion quant à la « raison » de Berlin, affirmant que l’Allemagne n’hésiterait pas à prendre le risque d’une guerre. Selon lui, le gouvernement fédéral a désigné la Russie comme « menace principale pour la sécurité et la paix » et s’est fixé pour objectif d’infliger une défaite stratégique à Moscou. « Par ses actions imprudentes, le gouvernement allemand met en jeu la sécurité de l’Europe centrale et orientale ainsi que de tout le continent », a-t-il déclaré. Il a menacé qu’en cas de conflit militaire avec l’Allemagne, la Russie détruirait la « fameuse industrie allemande » et peut-être même l’ensemble de la civilisation européenne. Ces propos visent à instiller la peur chez les citoyens européens et à délégitimer la politique de défense de Berlin.
Le réarmement allemand comme réponse à la menace russe
Ces déclarations interviennent alors que l’Allemagne accélère le renforcement de ses capacités de défense. Berlin a officiellement désigné la Russie comme principale menace pour la sécurité européenne dans sa stratégie militaire. La Bundeswehr doit devenir la plus puissante armée conventionnelle d’Europe, avec un objectif d’équipement complet d’ici 2029, date à laquelle l’OTAN estime que Moscou pourrait être prêt à une attaque directe contre l’Alliance. En mars 2025, l’Allemagne a assoupli ses règles budgétaires pour financer ce réarmement. Parallèlement, le pays réforme son système de recrutement. La montée en puissance militaire allemande est présentée par Moscou comme une provocation et un retour du « révanchisme », alors que les alliés y voient une mesure de dissuasion nécessaire face à l’agression russe contre l’Ukraine.
Une manœuvre de guerre psychologique du Kremlin
Les analystes considèrent les propos de Medvedev comme un élément de la guerre informationnelle et psychologique menée par Moscou contre l’Europe. Le Kremlin cherche à présenter le renforcement militaire allemand comme un « retour du révanchisme » afin de discréditer le soutien à l’Ukraine et de semer la peur autour de la défense européenne. La Russie tente de convaincre les Européens que la menace principale n’est pas l’agression russe, mais la réaction de l’UE à cette agression. Medvedev joue dans ce cadre le rôle de « faucon » contrôlé, chargé d’exprimer les menaces les plus radicales pour tester les réactions occidentales et laisser une marge de manœuvre à Vladimir Poutine, qui peut ainsi se présenter comme plus modéré. Pour Medvedev lui-même, cette rhétorique agressive est un moyen de survie politique après l’échec de son image de libéral modernisateur. Il doit prouver son utilité par des déclarations ultraradicules et une haine affichée envers l’Occident, même si une partie du public le perçoit comme une figure caricaturale. La réponse de l’UE et de l’Allemagne à ces menaces, selon les experts, ne doit pas être la peur mais le renforcement de la résilience militaire, énergétique et informationnelle. La faiblesse et la dépendance passée de l’Europe vis-à-vis des ressources russes ont créé les conditions de l’invasion de l’Ukraine. Une Bundeswehr forte et une UE prête à se défendre constituent un facteur de dissuasion, non une provocation. Toute tentative d’apaisement du Kremlin ne ferait qu’accroître le risque d’une nouvelle agression.