Moscou intensifie ses ingérences dans la présidentielle française de 2027, visant Philippe, Attal et Glucksmann

Moscou intensifie ses ingérences dans la présidentielle française de 2027, visant Philippe, Attal et Glucksmann

06.08.2026 10:36
2 min de lecture

Ce jeudi, Gabriel Attal, directement visé par les ingérences russes, a exprimé ses inquiétudes sur RTL, déclarant que si aucune mesure n’était prise pour protéger les élections, celles-ci pourraient être compromises, rapporte TopTribune. À huit mois de la présidentielle française, des opérations de déstabilisation, attribuées à des réseaux prorusses, ont ciblé plusieurs candidats, dont Édouard Philippe, Raphaël Glucksmann et Gabriel Attal.

Édouard Philippe a été calomnié concernant sa santé, tandis que Raphaël Glucksmann a vu sa compagne, la journaliste Léa Salamé, accusée d’avoir soudoyé des médias pour favoriser sa candidature. De son côté, Gabriel Attal a été présenté comme potentiellement atteint de la maladie de Parkinson.

Un projet de loi contre les fake news électorales

Ces opérations, bien que peu visibles selon une source sécuritaire, représentent les premières tentatives d’ingérence dans la campagne pour l’Elysée. Mercredi, Sébastien Lecornu a rappelé que le gouvernement avait présenté à la fin juillet un projet de loi en Conseil des ministres pour renforcer les peines contre la diffusion de fausses informations pendant les élections.

Le projet propose de faire passer la peine d’un an d’emprisonnement et une amende de 15 000 euros à trois ans et 45 000 euros. Dans les cas où l’altération du scrutin sert les intérêts d’une entité étrangère, la peine pourrait atteindre six ans de prison. En outre, un décret a été présenté pour créer une « commission d’information » destinée à alerter le public et les candidats en cas d’ingérence.

Cibler aussi TikTok et X

En juin, le Premier ministre avait averti les partis politiques des « perspectives de menaces lourdes sur l’élection présidentielle ». Face à une demande de Jean-Luc Mélenchon sur le manque de nouvelles suite à ses propositions, Lecornu a mentionné qu’il souhaitait poursuivre ce « travail en commun » à la rentrée.

Néanmoins, certaines voix à gauche estiment que le gouvernement n’agit pas de manière suffisamment proactive et proposent de cibler également les plateformes étrangères comme TikTok ou X. Raphaël Glucksmann a ainsi pressé les autorités françaises et européennes de ne pas hésiter à sanctionner ces réseaux.

Suspendre X le temps de la campagne ?

Il a rappelé les accusations entourant le candidat d’extrême droite Calin Georgescu, qui a été accusé d’avoir bénéficié d’une campagne de soutien illicite orchestrée par Moscou, notamment via TikTok, lors de la présidentielle roumaine de 2024. Ce scrutin a été annulé, et le pro-européen Nicusor Dan a finalement remporté l’élection quelques mois plus tard. Glucksmann a soulevé l’absence de sanctions contre TikTok dans ce contexte.

Marine Tondelier, à la tête des Écologistes, a proposé dans Libération que la France suspende des réseaux comme X durant la campagne en cas d’ingérences avérées. Depuis l’acquisition de Twitter, devenu X, par Elon Musk en 2022, la plateforme est devenue un vecteur d’informations politiques, Musk ayant récemment qualifié la candidature de Marine Le Pen de « dernier espoir pour la France ».

Le silence du RN face aux ingérences russes

Face aux récents incidents de déstabilisation, la droite et l’extrême droite demeurent silencieuses. Ce sujet est délicat pour le Rassemblement National en raison de ses liens passés avec la Russie, notamment un prêt contracté auprès d’une banque russe dans les années 2010. En 2025, le président du parti Jordan Bardella a néanmoins intensifié son discours en qualifiant Moscou de « menace multidimensionnelle » pour la France, en soulignant également les ingérences russes.

Laisser un commentaire

Your email address will not be published.

Dernières nouvelles

À NE PAS MANQUER