Marine Tondelier prend position fermement. La secrétaire nationale des Écologistes exige « des excuses publiques » de la part d’un responsable syndical agricole de l’Oise, qui l’a insultée sur Facebook après l’adoption de la loi d’urgence agricole réintroduisant deux pesticides interdits en France. « J’attends des excuses publiques, sinon, il y aura des poursuites judiciaires », a déclaré l’écologiste sur X, rapporte TopTribune.
« Grosse salope »
Dans un commentaire sur son compte Facebook privé, Régis Desrumaux, exploitant agricole et président de la Fédération départementale des syndicats d’exploitants agricoles (FDSEA) de l’Oise, a réagi à un post de Tondelier dénonçant « les agro-industriels de la FNSEA [qui] fêtent au champagne le vote de la loi d’urgence agricole ». Il a écrit : « Je n’ai qu’un seul mot qui me vient immédiatement en tête… Grosse salope. Ah mince ça fait deux ». Tondelier a répondu sur X en rappelant la définition de cette insulte et en dénonçant son usage pour « dégrader sexuellement et moralement » les femmes dans l’espace public. Elle a ajouté : « Cette manière de s’exprimer en dit beaucoup plus sur l’auteur que sur moi. Force à toutes les ‘grosses salopes’ et à toutes les ‘sales connes’. On est ensemble. Et on ne se taira pas ».
Manuel Bompard, coordinateur national de La France insoumise, a réagi sur X, appelant à des « condamnations indignées de toute la classe politique » et exigeant « excuses et sanctions des responsables de la FNSEA ».
« Soutien » à gauche
Olivier Faure, premier secrétaire du PS, a exprimé son soutien sur X : « Tu as mon plus total soutien. Il est toujours plus facile de salir une femme avec un mot que de lui répondre avec une idée. L’un demande du mépris ; l’autre exige de l’esprit. Chacun choisit selon ses moyens ». Sandrine Rousseau, députée écologiste, a condamné sur BlueSky « le masculinisme agricole » et « sa violence ». Par ailleurs, des députés insoumis et écologistes ont saisi le Conseil constitutionnel concernant la loi d’urgence agricole, sollicitant la censure de plusieurs dispositions.
Le texte prévoit que l’Agence de sécurité sanitaire (Anses), saisie par le ministre de l’Agriculture, autorise, pour des durées limitées et sous conditions, l’utilisation de deux pesticides : l’acétamipride pour la filière noisettes, et le flupyradifurone pour la betterave sucrière, la pomme et la cerise. Les Écologistes s’inquiètent également des évolutions importantes concernant le stockage et la gouvernance de l’eau, ainsi que la gestion des zones humides, qui favorisent l’agriculture face à la raréfaction des ressources.