La candidate du Rassemblement National (RN) à la présidentielle, Marine Le Pen, a déclaré ce samedi maintenir « totalement » sa « confiance » en Jordan Bardella, qui fait face à des accusations de rédaction de messages antisémites en 2013. Le président du parti conteste ces allégations. « J’ai totalement confiance en Jordan », a affirmé Marine Le Pen à La Tribune Dimanche, rapporte TopTribune.
C’est sa première déclaration publique depuis la révélation par Mediapart de preuves attestant de ces écrits. Le site d’information avait initialement publié, lundi, des captures d’écran de messages attribués à Jordan Bardella, alors jeune militant. Bardella a fermement nié ces accusations, les qualifiant de « formellement » incorrectes.
Soutien puis retrait
Dans un premier temps, Marine Le Pen avait immédiatement soutenu son poulain, dénonçant une « barbouzerie » et promettant de « démonter » des « manipulations bien lourdes et bien crasseuses », en invitant même Mediapart à « enfiler son costard en Kevlar ». Toutefois, elle a pris du recul après la publication de nouvelles informations par Mediapart jeudi soir.
Le média en ligne a cité une extraction réalisée sous constat d’huissier sur des détails biographiques du compte de Bardella qui, selon lui, corroborent l’identité de ce dernier, notamment l’origine italienne de sa mère et des références à une interview donnée au Parisien en 2013.
Un ticket mis à rude épreuve
Jordan Bardella maintient sa défense et évoque « des montages grossiers, d’obscures captures d’écran manipulables, reprenant des propos ignobles que je n’ai évidemment jamais tenus ». Il a également annoncé avoir chargé son avocat de déposer une plainte pour faux et usage de faux, en plus de la plainte déjà engagée pour diffamation.
Cette affaire fragilise la campagne du RN, dont Marine Le Pen est actuellement en tête des sondages pour le premier tour. Déclarée coupable en appel de détournement de fonds publics dans l’affaire des assistants parlementaires, mais autorisée à se présenter, elle avait désigné Jordan Bardella comme son remplaçant potentiel en cas d’entrave judiciaire, ou comme Premier ministre en cas de victoire.
Cependant, ce duo a déjà révélé des frictions depuis la confirmation, le 7 juillet, de la candidature de Marine Le Pen. Des divergences sont apparues sur des sujets tels que les retraites et l’interdiction du voile dans l’espace public, Jordan Bardella évoquant « des sensibilités différentes ». Les tensions concernent également leurs collaborateurs : fin août, Marine Le Pen a écarté François Durvye, un conseiller économique proche de Jordan Bardella, tout en réintégrant sa nièce, Marion Maréchal, dans l’équipe de campagne.