Marine Le Pen au tribunal : un procès qui détermine sa candidature pour 2027

Marine Le Pen au tribunal : un procès qui détermine sa candidature pour 2027

20.01.2026 08:46
2 min de lecture

C’est son avenir politique qui se joue lors de cette prestation capitale. Marine Le Pen est appelée mardi 20 janvier 2026 à la barre au procès en appel à Paris des assistants parlementaires du Front national, où elle joue sa candidature à la présidentielle de 2027, rapporte TopTribune.

Sous les grandioses boiseries de la première chambre du palais de justice, la leader d’extrême droite doit être interrogée cet après-midi ainsi que toute la journée de mercredi par la cour présidée par la magistrate Michèle Agi, puis les représentants du parquet et les avocats des différentes parties prenantes.

Un procès en appel

La justice reproche à Marine Le Pen, au Rassemblement national (alors appelé Front national) et à dix autres cadres d’avoir payé entre 2004 et 2016 des salariés du parti, qui traversait alors des difficultés financières en raison de mauvais résultats électoraux, avec de l’argent du Parlement européen.

Sur les 25 condamnés en première instance, seule la moitié a fait appel.

En déplacement à Marseille en fin de semaine dernière, Marine Le Pen a martelé être « engagée dans un combat pour (s)on innocence », tout en soulignant ne pas vouloir plaider « devant la presse ».

Quand on fait appel, par définition, on est optimiste (…). Je veux conserver cet optimisme et cette conviction que la cour entendra les arguments que le tribunal n’a pas entendus.

Marine Le Pen

Le 31 mars, le tribunal correctionnel de Paris a déclaré Marine Le Pen coupable et l’a notamment condamnée à cinq ans d’inéligibilité avec exécution immédiate, l’empêchant en l’état de se présenter à la prochaine présidentielle. Un coup de tonnerre au moment où la candidate survolait les intentions de vote pour le premier tour.

En première instance, les juges ont établi le préjudice économique du Parlement de Strasbourg à 3,2 millions d’euros, une fois déduit 1,1 million d’euros de fonds indûment versés mais déjà remboursés par une partie des prévenus.

Pas l’impression de commettre un délit

Au moment où l’extrême droite a le vent en poupe, avec le nombre sans précédent de 120 députés RN à l’Assemblée, Marine Le Pen, rattrapée par les pratiques des années de vaches maigres du parti, pourrait voir sa quatrième candidature à l’élection présidentielle empêchée par la justice et devoir céder la place à son poulain Jordan Bardella.

Lors de sa première prise de parole devant les juges d’appel, à l’ouverture du procès il y a une semaine, la députée du Pas-de-Calais de 57 ans a soutenu n’avoir eu « aucun sentiment » de commettre un délit ni « rien dissimulé » dans cette affaire, estimant que le Parlement européen n’a pas « pas joué (son) rôle d’alerte ».

Un argument balayé par l’institution européenne lors de la déposition de son représentant jeudi devant la cour d’appel.

« Le Parlement est la victime d’un système selon lequel certains assistants de députés européens du FN ont en fait travaillé au profit du parti », a estimé à la barre son directeur général des finances, Didier Klethi, fustigeant une « organisation bien rodée que seule l’instruction (de la justice) a permis de révéler ».

Avec AFP.

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