Manifestation à Paris contre l’influence de Vincent Bolloré sur les médias
Le 30 mai 2026, plusieurs dizaines de personnes, dont Jean-Luc Mélenchon, se sont rassemblées près de l’Olympia à Paris à l’appel de la CGT Spectacle pour s’opposer à « la bataille culturelle de l’extrême droite » et à la « mainmise » du milliardaire ultra-conservateur Vincent Bolloré sur les médias et la culture, rapporte TopTribune.
Jean-Luc Mélenchon a déclaré à l’AFP : « Monsieur Bolloré met en danger la liberté de penser en France en créant un monopole idéologique sur la presse, la culture et l’éducation, dans l’édition ». Il a ajouté : « Si nous gagnons l’élection présidentielle en 2027, le trust Bolloré en entier sera démantelé », promettant une « loi anti-concentration » pour réaliser cet objectif. La députée LFI Sarah Legrain a soutenu ses propos en insistant sur la nécessité d’agir.
Sous une chaleur écrasante, les manifestants, principalement issus du milieu culturel, ont convergé vers la place Henri-Salvador, à proximité de la célèbre salle de spectacles. Parmi eux se trouvait la comédienne Adèle Haenel, signataire d’une tribune critique envers Bolloré, dénonçant « l’emprise grandissante de l’extrême droite » au sein du cinéma français. Cette tribune a été suscitée après des préoccupations concernant le financement et l’influence de Canal+, propriété de Bolloré, qui est le premier financeur du cinéma en France.
Les discours se sont enchaînés sur un camion aux couleurs de la CGT Spectacle, arborant une banderole « Paris antifa ». La députée écologiste Sophie Taillé-Polian a réagi, déclarant : « Ce à quoi nous assistons, c’est une entreprise de mainmise sur toute la fabrique de l’opinion publique ».
Lors du Festival de Cannes, la réaction contre Bolloré a entraîné une vive polémique. Le président du directoire de Canal+, Maxime Saada, a réagi en menaçant de ne plus financer les films des signataires de la tribune. La situation s’est encore aggravée en avril, lorsque plusieurs écrivains ont quitté Grasset à la suite du limogeage du PDG Olivier Nora, qu’ils ont attribué à l’influence de Bolloré.