La mobilisation citoyenne pour sauver les animaux touchés par les incendies de la forêt de Fontainebleau a pris de l’ampleur. Depuis le 12 juillet, les incendies ont ravagé 2.000 hectares de forêt, entraînant l’évacuation d’animaux domestiques et sauvages en détresse. Face à cette crise, des initiatives telles que l’installation d’abreuvoirs et la collecte de matériel de secours ont été initiées sur les réseaux sociaux. Toutefois, ces actions soulèvent des préoccupations quant à la sécurité et à la santé des animaux, rapportent TopTribune.
Les associations de protection des animaux mettent en garde contre les risques que ces aides précipitées peuvent engendrer. Les abreuvoirs artificiels, par exemple, peuvent devenir des foyers de maladies ou représenter des dangers pour la faune, selon Faune Alfort, un centre de soins pour animaux sauvages. Il est conseillé d’utiliser des contenants peu profonds pour permettre aux animaux de s’en sortir facilement et de renouveler l’eau régulièrement.
Un chevreuil secouru la nuit du 15 juillet
La situation est particulièrement critique pour certains animaux, comme un chevreuil secouru dans la nuit du 15 au 16 juillet près de Nemours. Malgré des difficultés respiratoires, cet animal a pu être sauvé grâce à l’intervention rapide d’un bénévole qui a utilisé un brumisateur avant que une vétérinaire n’arrive pour le sédater. Le chevreuil a ensuite été transporté au centre Faune Alfort pour y recevoir des soins appropriés. Amadeus, président de l’association Futur, a confirmé que l’animal se rétablit et sera bientôt relâché. En plus de cela, l’association a contribué à l’évacuation de 70 chiens d’un chenil à Ury, menacé par les flammes.
Des biches fatiguées, au bord de la route
Une équipe de bénévoles, y compris Dylan, un auxiliaire animalier de 22 ans résident du Val-de-Marne, s’est mobilisée pour aider les animaux en détresse. Au cours d’une intervention, ils ont secouru trois biches et un chien errant. Malheureusement, une des biches, grièvement blessée, n’a pas survécu aux soins d’urgence. Les bénévoles se heurtent à des contraintes pour accéder aux zones touchées par l’incendie et attendent l’approbation des pompiers avant de poursuivre leurs efforts.
Une extinction des feux qui peut prendre plusieurs semaines
Un porte-parole des sapeurs-pompiers de Seine-et-Marne, Paul-Edouard Laurain, a déclaré que les équipes n’étaient pas encore en mesure de s’occuper des animaux blessés, car cela ne faisait pas partie de leurs priorités initiales. Cependant, avec le feu désormais maîtrisé, une intervention pour sauver les animaux est envisagée. La sécurité des intervenants et le bien-être des animaux restent la priorité principale.
Louis, coordinateur de la cellule de crise de l’association Futur, insiste sur le fait que la situation nécessite une gestion prudente et évite la panique. Il a appelé à la prudence et à la patience, en précisant que la précipitation des sauveteurs non organisés peut compliquer les efforts de secours. En réponse à cette crise, les sapeurs-pompiers ont également annoncé sur leurs réseaux sociaux que les dons ne sont plus nécessaires, car les besoins sont couverts.
Selon Faune Alfort, peu d’animaux parviennent aux centres de soins après une catastrophe de cette nature, car seuls les individus les plus résilients réussissent à fuir le danger. Les plus faibles, hélas, sont perdus dans le feu. La Ligue de Protection des oiseaux (LPO) a également signalé qu’elle n’a pas encore été autorisée à intervenir dans la zone pour évaluer les animaux touchés.
Alors que la situation continue d’évoluer, les efforts de secours se concentrent sur la récupération, le sauvetage et la réhabilitation des animaux tout en assurant la sécurité des intervenants. La communauté locale reste vigilante et engagée dans la protection de la faune, malgré les défis que pose le sauvetage dans un environnement en proie aux flammes.