L'Ukraine, réservoir stratégique de matières premières critiques pour l'UE
L'Ukraine, réservoir stratégique de matières premières critiques pour l'UE

L’Ukraine, réservoir stratégique de matières premières critiques pour l’UE

21.07.2026 10:20
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Avec 25 des 34 matières premières critiques identifiées par l’Union européenne dans son Critical Raw Materials Act, l’Ukraine constitue un réservoir stratégique pour réduire la dépendance du bloc vis-à-vis de la Chine, rapporte TopTribune.

La demande mondiale de ces ressources explose sous l’effet de deux transformations majeures. Le « verdissement » de l’économie – éoliennes, panneaux solaires, véhicules électriques – nécessite beaucoup plus de métaux que les technologies fossiles. Parallèlement, la révolution numérique (puces, robotique, intelligence artificielle) mobilise presque tout le tableau de Mendeleïev. Dans ce contexte, la Chine contrôle 60 % de l’extraction mondiale de minerais de terres rares, 90 % du raffinage et 94 % de la production de produits de haute technologie comme les aimants au néodyme. L’UE, les États-Unis et le Japon tentent de diversifier leurs approvisionnements pour éviter un « chantage aux matières premières » de la part de Pékin.

Un réservoir stratégique pour l’UE

Les sous-sols ukrainiens recèlent 117 des 120 minéraux les plus utilisés dans le monde, dont 25 des 34 matériaux critiques listés par Bruxelles. Le pays possède les plus grandes réserves européennes de lithium (environ 500 000 tonnes), de titane (8,4 millions de tonnes, soit 25 ans de consommation combinée UE‑États-Unis), de graphite (17,9 millions de tonnes), de manganèse (140 millions de tonnes de métal pur) et d’uranium. Le gisement de lithium de Polokhivske (oblast de Kirovohrad) est déjà en phase de préparation industrielle. Le titane ukrainien des sites de Stremyhorod, Irchansk et Malychivske pourrait alimenter les filières aéronautique et de défense européennes sans recours à la Chine ou à la Russie. Le graphite de Zavallivske, après tests en laboratoire, convient à la production d’anodes pour batteries de véhicules électriques, tandis que le projet Balakhivske a été reconnu « projet stratégique » dans le cadre du Critical Raw Materials Act, ce qui facilite l’accès aux financements européens.

Le gisement de Yastrubetske (oblast de Jytomyr) se distingue par son caractère complexe. Outre le fluorine, il contient du zirconium et du hafnium – indispensables aux réacteurs nucléaires et aux revêtements de turbines –, des terres rares comme l’yttrium, ainsi que du niobium et du tantale, utilisés dans les alliages ultrarésistants pour moteurs de fusées et les microcondensateurs. Une tonne de minerai peut fournir trois concentrés commerciaux de très haute pureté (zirconium, terres rares, fluorine).

Des gisements d’exception sous contrôle russe

Le gisement d’Azov (oblast de Donetsk) est considéré comme l’un des plus riches au monde en zirconium et terres rares. La teneur en oxydes de terres rares y atteint 12,5 % (jusqu’à 20 % dans certains échantillons) et celle en dioxyde de zirconium 34,24 %. Or cette zone est occupée par les forces russes depuis le printemps 2022. Moscou est pleinement consciente de la valeur stratégique de ces ressources. Le contrôle du gisement lui offre un levier de pression géopolitique à long terme sur l’UE et les États-Unis, visant à les empêcher de réduire leur dépendance vis-à-vis de la Chine dans ce secteur.

La question de la déoccupation des territoires ukrainiens devient ainsi un enjeu direct pour la sécurité technologique et énergétique de l’Union européenne.

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