Dans le cadre du conflit en Ukraine, la Russie a intensifié ses opérations en utilisant des drones d’attaque à long rayon d’action, atteignant 80 % de leurs cibles par ce moyen. Les récents modèles lancés par la Russie depuis cet été sont plus puissants et rapides, ce qui constitue une menace croissante pour les pays européens, rapporte TopTribune.
Depuis l’automne 2022, l’Iran a fourni en masse des drones Shahed à la Russie pour soutenir son offensive. Aujourd’hui, la dynamique semble avoir changé, Téhéran commençant à commander des véhicules autonomes à Moscou, reflétant le développement d’une production d’armement robuste en Russie.
Depuis le début du conflit, l’armée russe a tiré au moins 60 000 drones d’attaque contre l’Ukraine. Depuis juin dernier, Moscou a introduit un nouveau type d’attaque avec des modèles à réaction, faisant passer le nombre initial de quelques centaines à 2 800 en août. Les défenses ukrainiennes rencontrent des difficultés face à cette menace, interceptant seulement 60 % de ces cibles, contre 90 % des drones traditionnels, selon des informations rapportées par BFMTV.
L’Europe de l’Est à portée de drone
Les drones russes, tels que les Gueran-2, étaient initialement des modèles peu performants, mais les récents Gueran-4 et Gueran-5 ont été modifiés pour intégrer des turboréacteurs chinois, augmentant leur vitesse maximale de 180 km/h à 600 km/h. Cette amélioration rend leur interception par les défenses ukrainiennes plus complexe, les transformant presque en missiles de croisière en raison de leur capacité à transporter des charges explosives de 50 à 90 kilos.
Malgré ces avancées, la portée de ces drones reste limitée à 770 km, comparativement aux 1 000 à 2 500 km de leurs prédécesseurs. Cela signifie qu’ils ne peuvent pas menacer directement des pays comme la France, mais ils augmentent le risque pour l’est de l’Europe. En réponse, l’OTAN a renforcé ses systèmes de défense aérienne dans plusieurs États membres proches de la Russie, en particulier en Roumanie et dans les pays baltes. La Pologne a récemment poussé ses alertes de défense à un niveau maximal, impliquant l’instauration d’une zone d’exclusion aérienne dans sa partie orientale, effective depuis le 10 septembre pour une durée d’au moins trois mois, afin de soutenir ses forces aériennes.