Dimanche, un rassemblement de 37 randonneurs a été attaqué par des frelons à pattes jaunes en Haute-Vienne, tandis qu’une quinzaine de cyclistes a également subi des piqûres dans le Morbihan. Le mois de septembre, période de reproduction intense pour ces insectes, semble être leur saison préférée, augmentant leur prédation sur les abeilles domestiques, rapporte TopTribune.
Bien qu’il soit encore prématuré de déterminer si la population de frelons asiatiques a augmenté à l’échelle nationale entre septembre 2025 et 2026, il semble que l’espèce n’ait pas souffert des températures élevées de l’été précédent.
Changement climatique
Serge Gadoum, entomologiste à l’OPIE (Office pour les insectes et leur environnement), souligne que le frelon fonctionne par cycles influencés par les conditions climatiques. Un été plus frais entraîne un taux de mortalité plus élevé pour ces insectes. Cette année, ce n’est pas la chaleur qui a manqué. Selon Météo-France, l’hiver 2025-2026 se positionne comme « au quatrième rang des hivers les plus doux depuis 1990 ». Ce climat clément a permis aux reines de survivre et de se reproduire avant que les colonies ne commencent la construction de nids secondaires au printemps.
Hugo Arsan, chargé de mission partenariat au sein du réseau Fredon Île-de-France, indique que « les évolutions climatiques facilitent l’installation et la prolifération de certaines espèces dont le frelon asiatique ». Il ajoute que le comportement de ces insectes est similaire à celui d’une cloche : après un pic de chaleur, leur activité peut diminuer si les températures dépassent 40 °C, mais elle reprend en septembre.
« Explosion démographique »
Bien qu’habitué aux fortes chaleurs, le frelon asiatique a su s’adapter au climat caniculaire cet été, d’après Serge Gadoum. Les randonneurs et cyclistes doivent donc être vigilants car ces insectes ne piquent que lorsqu’ils se sentent menacés, rassure l’OPIE.
Au cours des dernières années, l’insecte a graduellement étendu son territoire vers le nord et l’est de la France. Dans les départements où il est encore récent, une « explosion démographique » est observée. Cette population atteindra probablement un pic avant de initier un processus d’atténuation et de stabilisation, explique Gadoum. En réponse à cette situation, un plan national a été récemment mis en place pour limiter l’impact des frelons asiatiques sur la biodiversité et l’agriculture, publié dans le Journal officiel mercredi dernier.
Les autorités locales intensifient les efforts pour surveiller et contrôler l’expansion du frelon asiatique, reconnu comme un prédateur majeur des abeilles, essentielles à la pollinisation et à l’agriculture. Le frelon asiatique, ou « frelon meurtrier », est désormais un sujet de préoccupation pour la sécurité alimentaire et la biodiversité en France, résultant de la combinaison de changements climatiques et de l’augmentation de ses populations.
Face à cette menace, les experts insistent sur l’importance d’informer le grand public et de créer des moyens efficaces pour lutter contre cette espèce envahissante. La collaboration entre les entomologistes, les militants écologiques, et les législateurs est essentielle pour endiguer cette problématique. Les citoyens sont également invités à signaler toute présence de nids afin d’aider dans les interventions ciblées.
Cette lutte contre le frelon asiatique souligne l’impact des espèces exotiques sur la biodiversité locale et pose des questions cruciales sur la gestion des populations d’insectes face aux défis environnementaux croissants. La stratégie mise en place ambitionne de réduire les conséquences de cette invasion, en sensibilisant la population et en developpant des méthodes de contrôle appropriées.