Le 3 août, les forces ukrainiennes ont ciblé un entrepôt de Wildberries dans la région de Vladimir, marquant la troisième attaque en deux semaines contre ce géant du e-commerce. L’Ukraine accuse l’entreprise de fournir des composants à l’armée russe pour la fabrication de drones militaires, renforçant ainsi ses efforts contre des structures jugées complices de l’effort de guerre, rapporte TopTribune.
Suite à l’attaque, Wildberries a confirmé via Telegram qu’un incendie s’était déclenché dans l’entrepôt, d’abord sans victimes, mais le gouverneur de la région, Alexander Avdeïev, a ensuite fait état de deux blessés.
Des composants pour drones et des gilets pare-balles
Depuis le 18 juillet, les frappes de Kiev contre Wildberries, souvent considéré comme l’équivalent russe d’Amazon, se sont intensifiées. Fondée en 2004, cette plateforme est la principale place de marché en ligne de Russie. Selon le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, les installations ciblées alimentent l’armée russe en composants de drones, équipement de navigation et autres matériels militaires.
Wildberries propose également des stocks d’équipements militaires, y compris des composants pour drones et des gilets pare-balles. Plus largement, sa contribution à l’économie de guerre russe est significative, avec un chiffre d’affaires annuel estimé à 70 milliards d’euros, soit plus de 2 % du PIB russe. En 2022, elle a été qualifiée par la Pologne de « plus gros contribuable de la Fédération de Russie ».
Plus de 50 000 salariés
Wildberries emploie plus de 50 000 personnes, et en période de forte saison, ce chiffre dépasse les 100 000. La fondatrice de l’entreprise, Tatiana Kim, considérée comme la femme la plus riche de Russie, a été touchée par des sanctions internationales après l’invasion de l’Ukraine par Moscou en début 2022. En juillet dernier, l’Union européenne a sanctionné la branche bancaire de Wildberries pour sa contribution financière au budget de l’État russe.
La survie de Wildberries est cruciale pour l’économie russe, qui ne peut se permettre de voir cette société faire faillite. Le gouvernement de Moscou envisagerait des mesures de soutien, incluant potentiellement la banque VTB, contrôlée par l’État, pour fournir des prêts, des subventions ou d’autres allégements fiscaux.