Le cadmium, un métal lourd naturellement présent dans l’environnement, est classé comme toxique, et sa concentration a été significativement augmentée par l’activité humaine. Un avis publié en mars 2026 par l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) avertit quant aux niveaux d’exposition préoccupants de la population française à ce métal, qui s’accumule dans l’organisme. Selon ce rapport, près de la moitié de la population affiche des niveaux d’exposition dépassant les valeurs sanitaires de référence, rapporte TopTribune.
L’alimentation est identifiée comme la principale source d’exposition, avec des risques élevés issus de la consommation de céréales et de produits céréaliers (céréales du petit-déjeuner, pain, produits de boulangerie, viennoiseries, pâtisseries, gâteaux, biscuits, pâtes, riz et blé raffinés) ainsi que de pommes de terre et certains légumes. Afin de limiter la contamination des sols, l’Anses préconise une réduction à 20 milligrammes par kilogramme pour la teneur maximale en cadmium des engrais phosphatés, une mesure visant à atténuer les risques sanitaires à long terme.
Ce rapport a incité le gouvernement à agir. Un décret rendu public dans le Journal officiel au début d’octobre stipule une réduction progressive de la teneur en cadmium des engrais phosphatés. De plus, une proposition de loi, déjà approuvée par l’Assemblée nationale, sera examinée au Sénat le 22 octobre. Cette législation prévoit une réduction plus rapide de la teneur en cadmium dans les engrais.
Risques sanitaires liés au cadmium
Quels sont concrètement les risques pour la santé liés à l’exposition au cadmium ? Ce métal, qui s’élimine très lentement de l’organisme, devient dangereux particulièrement lors d’expositions répétées sur le long terme. La classification du cadmium comme cancérogène, mutagène et toxique pour la reproduction souligne son danger. Le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) le classe dans le groupe 1, celui des substances « cancérogènes pour l’être humain ». Alors qu’un lien avéré existe pour le cancer du poumon, notamment dans des environnements professionnels, le cadmium est aussi suspecté d’être impliqué dans d’autres types de cancers, notamment ceux de la prostate, des reins, du pancréas, du sein et de la vessie.
Les reins, organes où le cadmium s’accumule aussi sur une durée prolongée, sont particulièrement affectés, avec un risque de dommages jusqu’à l’insuffisance rénale chronique. Ce métal perturbe aussi la régulation du calcium et du phosphore, deux minéraux essentiels pour la solidité des os, affectant également l’activation de la vitamine D, cruciale pour l’absorption du calcium. À long terme, cette exposition peut provoquer une déminéralisation osseuse, de l’ostéoporose et augmenter le risque de fractures.
Cadmium et risques cardiovasculaires
Le cadmium est reconnu de plus en plus comme un facteur de risque cardiovasculaire, comme l’indique le Centre de lutte contre le cancer Léon Bérard. Ce métal est notamment associé à l’hypertension artérielle et à l’athérosclérose, avec des études établissant un lien entre l’exposition au cadmium et l’augmentation des maladies cardiovasculaires.
Des effets neurotoxiques sont également suspectés, incluant des troubles cognitifs observés chez les animaux, bien que des données similaires chez l’homme demeurent à confirmer. « Enfin, le cadmium pourrait également perturber d’autres fonctions biologiques, en provoquant des lésions hépatiques, en altérant la production des cellules sanguines, en affaiblissant le système immunitaire et en affectant la reproduction, notamment la qualité du sperme et le développement embryonnaire. Ces effets nécessitent encore des études complémentaires pour être validés », précise le Centre Léon Bérard.
Des dépistages de l’exposition au cadmium sont remboursés depuis le 16 juin dernier, sous certaines conditions. Néanmoins, selon un article de franceinfo publié le 13 octobre, la mise en place de ce dispositif semble laborieuse. « Entre son entrée en vigueur le 16 juin et le 28 septembre, la Caisse nationale de l’assurance maladie (Cnam) a enregistré 2 285 actes remboursés, dont 1 539 par dosage urinaire et 746 par prise de sang. Ces tests ont concerné 2 160 personnes, selon les données communiquées par la Cnam à franceinfo », conclut le rapport.
