La maladie de Parkinson, qui affecte aujourd’hui près de 9,4 millions de personnes dans le monde, se caractérise par une dégénérescence progressive de certaines zones cérébrales. Étonnamment, elle se révèle 1,5 à 2 fois plus fréquente chez les hommes, qui montrent également une évolution des symptômes plus rapide. Cette disparité suscite l’intérêt des scientifiques. Une nouvelle étude, présentée lors du Forum 2026 de la Fédération des sociétés européennes de neurosciences (FENS, 6-10 juillet, Barcelone), apporte des éléments de réponse, rapporte TopTribune.
Julia Schulze-Hentrich, de l’université de la Sarre en Allemagne, souligne que « la prévalence plus élevée de la maladie de Parkinson chez les hommes suggère que des facteurs biologiques liés au sexe pourraient influencer la vulnérabilité. L’étude des différences entre les sexes pourrait donc aider à identifier des mécanismes pathologiques ».
Des différences cellulaires
En collaboration avec son équipe, la chercheuse a analysé des échantillons de cerveau post-mortem de 73 personnes atteintes de Parkinson (28 femmes et 45 hommes), en les comparant à un groupe témoin de 24 personnes non touchées (9 femmes et 15 hommes).
Les résultats montrent que si certaines réactions au stress de la maladie sont communes à tous, comme l’activation de protéines aidant à la réparation cellulaire, des différences notables apparaissent entre hommes et femmes.
Par exemple, dans certains astrocytes, les cellules de soutien du cerveau, l’activité des gènes liés aux mitochondries variait selon le sexe. De plus, chez les oligodendrocytes, l’activité des gènes impliqués dans la synthèse et le maintien de la myéline était également distincte.
« Ces résultats montrent que la maladie de Parkinson déclenche des réponses au stress communes à tous les individus, mais qu’il existe également des différences entre hommes et femmes au niveau cellulaire, notamment dans la gestion de l’énergie et la protection des connexions nerveuses », explique la chercheuse.
Vers une médecine plus personnalisée
Dans environ 90 % des cas, la maladie résulte de la combinaison de facteurs génétiques, environnementaux et liés au mode de vie. Les chercheurs confirment ici que ces interactions sont complexes et varient selon le sexe, ce qui pourrait partiellement expliquer les écarts observés dans la fréquence et la progression de la maladie. « Cette découverte pourrait conduire à des traitements plus personnalisés, plutôt que de considérer tous les patients atteints de Parkinson comme biologiquement identiques », conclut la Pre Schulze-Hentrich.