Le début du soulèvement nationaliste en Espagne en 1936 : un tournant historique
Le 17 juillet 1936, un coup d’État militaire orchestré par l’extrême droite espagnole éclate au Maroc. Le lendemain, le soulèvement nationaliste s’étend sur l’Espagne, bien que la tentative des généraux de renverser la République échoue face à la mobilisation populaire. Cet événement tragique marque le début de ce qui sera une répétition générale de la Deuxième guerre mondiale, alors que fascistes et nazis soutiennent les putschistes, rapporte TopTribune.
À l’été de 1936, Ray Ventura et ses Collégiens chantent « Tout va très bien Madame la Marquise », mais cette mélodie joyeuse devient rapidement un hymne amer pour ceux qui constatent l’ascension des périls. Bien que les bals du Front populaire et les congés payés apportent une certaine gaieté, la réalité demeure sombre : l’Europe danse sur un volcan. Les forces populistes et capitalistes se préparent à reprendre le pouvoir au détriment des peuples. Les extrêmes droites cherchent à abattre les démocraties parlementaires et à pourchasser républicains et progressistes, les « rouges ».
Depuis 1922, Mussolini impose son règne sur l’Italie, faisant couler le sang des opposants. Son aspiration coloniale a abouti au massacre de 150 000 Éthiopiens, et il proclame sa victoire sur Addis-Abeba le 9 mai 1936, désireux d’étendre son « empire » en Méditerranée. De son côté, Hitler, au pouvoir depuis 1933, a déjà remilitarisé la Rhénanie en violation du Traité de Versailles, mettant la pression sur l’Autriche pour une future annexion. Au coeur de cette instabilité, la France, dirigée par un Philippe Pétain conservateur, se retrouve paralysée.
Les démocraties parlementaires européennes se rétrécissent face à la montée du fascisme à l’Ouest et du stalinisme à l’Est. À la mi-juillet 1936, des nations comme l’Espagne, la France, l’Irlande et le Royaume-Uni font face à l’expansion des totalitarismes. La Hongrie, l’Albanie et d’autres États subissent également les conséquences de cette vague autoritaire.
En France, la victoire des gauches lors des élections du 3 mai ne doit pas dissimuler une menace croissante : après l’échec des ligues d’extrême droite en février 1934, la Cagoule tisse des complots menaçants contre la République. Certains industriels et membres de la bourgeoisie, tels que Louis Renault, préfèrent « mieux Hitler que Blum » et trahissent ainsi les valeurs républicaines tout en s’alignant sur les intérêts allemands et italiens.
L’Angleterre, alliée des forces démocratiques, passe inaperçue au début de la guerre, alors que les sympathies pro-nazies d’Édouard VIII entraînent son abdication en décembre 1936.
Le refrain de la chanson « Tout va très bien, Madame la Marquise » prend un sens tragique alors que la guerre d’Espagne éclate, annonçant la première déflagration de la Deuxième guerre mondiale. Le 17 juillet, « La garnison de Melilla s’est soulevée en armes contre la République espagnole », selon La Dépêche.
Le 18 juillet, Franco, qui se trouve aux Canaries, rejoint la révolte à Tétouan. « Viva la muerte ! » devient le cri de ralliement de ses troupes, tandis que les nazis et fascistes fournissent un soutien logistique. Lorsque la République espagnole sollicite une aide internationale, seuls l’URSS et le Mexique répondent positivement. La France, cherchant à ne pas fâcher Londres, opte pour l’inaction.
Les intentions meurtrières des putschistes ne passent pas inaperçues. Le capitaine Gonzalo Aguilera, attaché de presse de Franco, déclare au journaliste américain John Whitaker : « nous devons tuer, tuer, tuer […] exterminer un tiers de la population masculine et purifier le pays du prolétariat ». Le bilan sera tragique : plus de 100 000 républicains et civils, exécutés, reposent dans des fosses communes, attendant leur véritable sépulture.