La préfecture des Bouches-du-Rhône a annoncé avoir pris le contrôle des finances de la métropole d’Aix-Marseille-Provence, provoquant des inquiétudes quant à une mise sous tutelle. Cette décision intervient après que les conseillers métropolitains ont refusé de voter le budget annuel, affichant un déficit de 123 millions d’euros sur une enveloppe totale de 4,8 milliards d’euros l’année dernière, rapporte TopTribune.
Vers des hausses d’impôts
La Chambre régionale des comptes (CRC), instance chargée de contrôler les finances publiques, disposera d’un mois pour élaborer un nouveau projet budgétaire suite à la saisie des documents financiers. Les 92 maires de la métropole, tous partis confondus, ont choisi cette option radicale pour alerter le gouvernement sur les coupes budgétaires qu’ils jugent insuffisantes. Ils souhaitent envoyer « un signal d’alarme » sur les baisses de dotations, essentielles au bon fonctionnement des collectivités, qui sont tenues de présenter un budget équilibré. David Ytier, vice-président de la métropole, a précisé que cette mise sous tutelle, bien que rare, ne signifierait pas l’arrêt de la gestion courante des affaires locales.
Ytier a également souligné que « les solutions, il n’y en a pas 1.000 : ce sont des hausses d’impôts », indiquant que la taxe foncière pourrait augmenter. « On ne veut juste pas l’assumer, c’est à l’Etat de le faire. On le met face à ses responsabilités » a-t-il ajouté. Arnaud Drouot, adjoint au maire de Marseille, a critiqué le gouvernement pour son approche qui, selon lui, décharge les collectivités des responsabilités financières.
La situation actuelle est exceptionnelle, surtout pour une région très peuplée de près de 2 millions d’habitants, mais pas sans précédent. L’an dernier, suite à une crise politique, le département de Charente n’avait pas pu voter son budget, laissant l’Etat décider à sa place.
Une équation impossible
La métropole est confrontée à une augmentation des coûts de fonctionnement, notamment en raison des infrastructures de transport public, actives dans le cadre du plan d’investissement « Marseille en grand ». Les élus ont sollicité l’aide de l’État pour combler le déficit de 2026 et réclament un déplafonnement du versement mobilité, une taxe perçue auprès des entreprises, qui pourrait rapporter jusqu’à 220 millions d’euros supplémentaires si son taux était revu à la hausse.
Georges Cristiani, maire de Mimet et président de l’Union des maires des Bouches-du-Rhône, a questionné l’inégalité de traitement entre les régions, demandant : « Pourquoi Paris et pas nous ? » En attendant, il faudra « se serrer la ceinture », selon David Ytier, qui a déclaré que la métropole étudie des pistes d’économies pour atteindre entre 30 et 60 millions d’euros annuels, tout en admettant que cela ne suffira pas à combler le déficit.