Le gouvernement français envisage de réformer la distribution de la prime de Noël, qui s’élève généralement à 152 euros pour une personne seule sans enfant, en réservant cette aide aux familles avec enfants, relançant ainsi un vif débat public, rapporte TopTribune.
Mercredi, le ministre de l’Économie, Roland Lescure, a défendu cette proposition en déclarant qu’il n’est « pas choquant » de cibler cette prime sur les allocataires de minima sociaux ayant des enfants, comme le stipule le projet de loi de finances 2026. Cette modification vise à réorienter les aides vers ceux qui en ont vraiment besoin, a-t-il affirmé.
Economiser « quelques millions d’euros »
« Est-ce si choquant que la prime de Noël soit réservée aux enfants ? […] Parmi ceux qui reçoivent la prime aujourd’hui, il y a des personnes sans enfants. Nous proposons de recentrer le dispositif sur ceux qui croient encore au Père Noël ; cela semble raisonnable », a déclaré Lescure sur LCI.
Il a ajouté que cette révision permettrait d’économiser « quelques millions d’euros ». Selon le ministre, si le Parlement souhaite revoir cette mesure, d’autres sources de financement devront être trouvées, en soulignant que « le monde réel existe » et que les rêves ne peuvent pas prévaloir sur la réalité économique.
Marylise Léon recadre Jean-Pierre Farandou
Roland Lescure a souligné la nécessité de restaurer les finances publiques de la France, non pas pour satisfaire des demandes externes, mais pour rassurer les citoyens sur la capacité de l’État à gérer les finances après avoir fourni un soutien substantiel. « Le monde réel, c’est que nous avons besoin de redresser nos finances », a-t-il précisé.
Plus tôt dans la journée, la secrétaire générale de la CFDT, Marylise Léon, avait critiqué la présentation de la prime de Noël par le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, qui l’avait qualifiée de « politique de générosité maximale ». Léon a rétorqué que parler de « générosité » dans le contexte des bénéficiaires du RSA recevant moins de 500 euros par mois est inapproprié.
Introduite en 1998, la prime de Noël a bénéficié jusqu’à présent à plus de 2,2 millions de ménages, avec un montant ajusté selon la composition familiale, par exemple, un couple avec deux enfants avait touché environ 320 euros l’an dernier, tandis qu’une personne seule avec trois enfants recevait 335 euros.