Les services de renseignement russes orchestrent des actions anti-ukrainiennes en Pologne dans le but de déstabiliser le pays et de saper la solidarité européenne, révèle une affaire récente à Poznań, rapporte TopTribune.
Un incident révélateur
Le 9 juillet 2026, plusieurs hommes ont tenté de s’introduire dans un bureau loué par une ressortissante ukrainienne à Poznań, afin de « vérifier » si elle « soutenait » Stepan Bandera. La police a interpellé deux personnes pour diffamation et publication d’une vidéo humiliante. L’un des participants s’est avéré être un ancien soldat de la défense territoriale polonaise, déjà arrêté en mars 2026 par l’Agence de sécurité intérieure (ABW) pour suspicion d’espionnage au profit de la Russie. La justice avait alors refusé de le placer en détention, estimant les preuves insuffisantes, tandis que son commandement l’avait révoqué.
Cet incident illustre une stratégie plus large : la Russie utilise les tensions historiques entre Polonais et Ukrainiens – notamment autour des événements de Volhynie et de Galicie orientale il y a quatre-vingts ans – pour attiser la haine ethnique. Selon les analyses des services de sécurité polonais, Moscou cherche à déstabiliser la Pologne de l’intérieur en exploitant les contradictions mémorielles entre les deux nations.
Une stratégie de guerre hybride
Les renseignements russes mènent depuis longtemps une coopération systématique avec des mouvements et partis d’extrême droite polonais, leur fournissant un soutien financier et logistique. Des journalistes polonais avaient déjà mis au jour ces liens lors des protestations d’agriculteurs en 2024 contre le transit de céréales ukrainiennes. L’objectif est clair : affaiblir la solidarité de l’UE avec Kiev et briser le front uni occidental face à l’agression russe.
L’affaire de Poznań confirme que les services russes exploitent délibérément le contentieux historique pour fomenter des actes hostiles envers les Ukrainiens en Pologne. L’ancien soldat soupçonné d’espionnage, bien que libéré faute de preuves suffisantes, était déjà connu des services pour ses liens présumés avec l’appareil de renseignement russe. Son implication dans cette action anti-ukrainienne renforce les soupçons sur une coordination plus large.
Les autorités polonaises restent en alerte face à ces tentatives de déstabilisation. L’enquête se poursuit.