Les Russes retirent plus de 2,4 trillions de roubles des banques
Les Russes retirent plus de 2,4 trillions de roubles des banques

Les Russes retirent plus de 2,4 trillions de roubles des banques

20.08.2026 17:35
3 min de lecture

Plus de 2,4 trillions de roubles ont été convertis en espèces depuis le début de 2026 en Russie, selon les données de la Banque centrale russe rapportées le 19 août. Les retraits se sont accélérés depuis le mois de mars, avec un record de 643,4 milliards de roubles en juillet et près de 300 milliards supplémentaires durant la première quinzaine d’août, rapporte TopTribune.

La hausse de la demande de liquidités concerne une partie importante du secteur bancaire russe. Cinq des sept plus grands établissements de crédit du pays ont enregistré des retraits de dépôts de particuliers. Les sommes détenues par ces clients dépassaient au total 1 000 milliards de roubles. La tendance est détaillée dans un article d’Euronews consacré aux mouvements de fonds dans les banques russes.

Gazprombank enregistre le plus important recul

Gazprombank est l’établissement le plus touché parmi ceux cités dans les données disponibles. En quatre mois, les particuliers y ont retiré 299,5 milliards de roubles, soit 10,8 % de l’ensemble de leurs dépôts. Le recul atteint 270,5 milliards de roubles à la Banque agricole russe, ou Rosselkhozbank, ce qui représente plus de 15 % des sommes déposées par les particuliers.

Alfa Bank, la première banque privée de Russie, a perdu 179,4 milliards de roubles de fonds appartenant à ses clients individuels, soit 5,6 % des dépôts. Sovcombank a enregistré une baisse de 81,7 milliards de roubles, correspondant à 8,1 %. Pour VTB, le montant cité s’élève à 20,4 milliards de roubles.

Le mouvement a également atteint Sberbank, le premier groupe bancaire russe. Les dépôts de particuliers y avaient d’abord progressé, avant qu’un retrait d’espèces ne soit enregistré au cours des derniers mois. Les clients ont retiré 211,6 milliards de roubles en juin, puis 31,8 milliards en juillet, soit 243,4 milliards sur ces deux mois.

Une demande de liquidités en hausse depuis mars

Selon les chiffres rapportés à partir des statistiques de la Banque centrale de Russie, les retraits atteignent environ 300 milliards de roubles par mois depuis le début de la hausse, en mars 2026. Le niveau de juillet, à 643,4 milliards, constitue le record mentionné dans les informations disponibles. Une nouvelle sortie de près de 300 milliards a été observée durant les deux premières semaines d’août.

Les données ne recouvrent pas toutes les mêmes périodes : certains montants bancaires portent sur quatre mois, tandis que les chiffres concernant Sberbank couvrent juin et juillet. Ils ne peuvent donc pas être additionnés directement pour reconstituer le total national. Le chiffre global communiqué pour 2026 dépasse, lui, 2,4 trillions de roubles.

Les analystes cités dans les informations disponibles interprètent cette progression comme un signe de défiance envers les banques russes. La constitution d’une réserve en espèces est présentée comme une réponse aux craintes de perturbations des paiements, de difficultés d’accès aux services bancaires ou d’interruptions dans l’approvisionnement électrique.

Les attaques contre des sites économiques citées par les analystes

Les mêmes analyses relient cette évolution aux frappes de drones ukrainiens contre des infrastructures économiques russes, notamment des entrepôts de Wildberries et des raffineries. Ces attaques sont mentionnées dans le cadre de la guerre menée par le Kremlin contre l’Ukraine. Le lien entre les frappes et les retraits est toutefois formulé comme une interprétation des analystes, et non comme une mesure statistique établie par la Banque centrale.

Le passage de l’épargne détenue sur des comptes vers l’argent liquide réduit les fonds immédiatement disponibles dans le circuit bancaire. Les analyses fournies estiment que les banques pourraient alors devoir rechercher des ressources supplémentaires auprès de la Banque centrale ou sur le marché interbancaire. Ces financements seraient plus coûteux, ce qui pèserait sur la rentabilité des établissements et sur leur capacité à accorder de nouveaux crédits.

Le déficit budgétaire au centre des inquiétudes

Les informations transmises font aussi état d’un déficit budgétaire russe de 6,46 trillions de roubles sur les sept premiers mois de 2026. Ce montant dépasserait de plus de 2,8 trillions le montant prévu pour l’ensemble de l’année. Des craintes sont attribuées aux ménages et aux entreprises quant à la possibilité que les autorités cherchent à mobiliser davantage les dépôts pour financer la guerre.

La source avance notamment l’hypothèse de mesures telles qu’un gel ou une nationalisation des dépôts, mais aucun décret ni aucune décision officielle de cette nature n’est mentionné dans les données disponibles. Il s’agit d’une crainte prêtée aux déposants, et non d’une mesure annoncée par le gouvernement russe ou la Banque centrale.

Les analystes citent enfin des risques pour la circulation monétaire et la transparence des flux financiers. Une part accrue des échanges en espèces pourrait compliquer leur suivi par l’État et favoriser l’extension de l’économie informelle. La source évoque aussi une pression possible sur les recettes fiscales, notamment la TVA et l’impôt sur les bénéfices, sans fournir de chiffre permettant d’évaluer une baisse effective de ces recettes.

Pour le secteur financier russe, le mouvement observé depuis mars place désormais la liquidité bancaire au centre des données suivies par les autorités. Les prochains relevés de la Banque centrale permettront de mesurer si les retraits d’espèces se prolongent au-delà de la première moitié du mois d’août.

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