Les risques accrus de cancers sanguins chez les enfants liés à l’imagerie médicale
Une étude réalisée par les universités de Californie de San Francisco et de Davis révèle que les radiations provenant de l’imagerie médicale pourraient être responsables de 10 % des cancers du sang chez les enfants. Cette recherche, dévoilée dans le New England Journal of Medicine le 17 septembre, se fonde sur l’analyse de près de 4 millions d’enfants et d’adolescents nés entre 1996 et 2016 aux États-Unis et au Canada, et met en avant les liens entre l’exposition aux rayonnements, un agent cancérigène reconnu, et les cancers hématologiques tels que la leucémie et le lymphome, les plus fréquents dans cette tranche d’âge, rapporte TopTribune.
Le scanner, particulièrement à risque
Selon les résultats, près de 3 000 cas de cancers sanguins au total sur la période étudiée sont attribués à l’imagerie médicale, dont 79,3 % concernent des hémopathies malignes lymphoïdes. Le risque de développer un cancer du sang augmente proportionnellement à la dose de radiations subies par les enfants, avec des risques accrus liés aux examens d’imagerie à forte dose, tel que le scanner.
Les radiographies, en revanche, engendrent des doses beaucoup plus faibles. En effet, un ou deux scanners crâniens sont associés à un risque 1,8 fois plus élevé de diagnostic de cancer, le risque atteignant 3,5 fois plus élevé chez les enfants ayant subi plusieurs examens, exposant ainsi à des radiations plus importantes. Pour ce qui est des radiographies, les chercheurs estiment qu’une petite fraction seule des cancers ultérieurs est liée à l’exposition aux radiations.
Pourquoi les enfants sont-ils particulièrement à risque ?
Le risque pour les enfants est accentué par l’exposition cumulative aux radiations, particulièrement chez ceux qui subissent de nombreux examens, qu’ils soient à faibles ou à fortes doses. En outre, les enfants sont leur propre facteur de risque en raison de leur longue espérance de vie, qui augmente les chances de développement d’un cancer. Par comparaison, un adulte présente un risque diminué du fait de sa durée de vie plus courte après l’exposition. La rapidité de division cellulaire chez les enfants qui les rend également plus vulnérables à des dommages causés par les radiations renforce encore ce risque.
Rebecca Smith-Bindman, radiologue et professeure d’épidémiologie à l’UCSF, souligne : « Les enfants sont particulièrement vulnérables au cancer induit par les radiations en raison de leur radiosensibilité accrue et de leur espérance de vie plus longue. Si l’imagerie médicale peut sauver des vies, nos résultats soulignent l’importance cruciale de l’évaluer soigneusement et de minimiser l’exposition aux radiations lors de l’imagerie pédiatrique afin de préserver la santé à long terme des enfants. »
Les chercheurs préconisent d’utiliser l’imagerie irradiante uniquement lorsque cela fournit des informations essentielles pour la prise en charge des enfants. En cas de recours à des tomodensitométries, il est conseillé de limiter les doses de rayonnement autant que possible. Par ailleurs, l’échographie et l’IRM, qui sont des techniques d’imagerie sans ionisation, pourraient être alternatives appropriées dans de nombreux cas sans compromettre la qualité du diagnostic.