Les procureurs sud-coréens demandent la peine de mort pour l'ancien président Yoon Suk-yeol

Les procureurs sud-coréens demandent la peine de mort pour l’ancien président Yoon Suk-yeol

14.01.2026 10:58
2 min de lecture

Le parquet sud-coréen réclame la peine capitale à l’encontre de l’ancien président Yoon Suk-yeol, accusé de coup d’État après sa déclaration de loi martiale éphémère en décembre 2024, ayant conduit à son arrestation et sa destitution, rapporte TopTribune.

Cette demande a été formulée lors de l’audience finale du procès de Yoon, débutée mardi matin au tribunal de district central de Séoul, qui s’est prolongé jusqu’à mercredi matin.

Les procureurs ont accusé Yoon d’avoir mené une insurrection, affirmant qu’il avait déclaré la loi martiale avec ses coaccusés pour « monopoliser le pouvoir et maintenir une domination à long terme » tout en « ignorant la souffrance du peuple au profit de leur propre soif de pouvoir ».

En plaidant pour la peine de mort, ils ont ajouté que Yoon « ne montrait aucun remords » et n’avait pas présenté d’excuses au peuple sud-coréen.

Face à cette demande, le président Yoon, âgé de 65 ans, a arboré un sourire énigmatique depuis son box au tribunal, tandis que les partisans présents ont réagi par des huées.

Dans ses déclarations finales, prononcées après minuit, Yoon a attaqué les procureurs, les qualifiant de « meute de loups poursuivant aveuglément le signal donné par le Parti démocratique », en référence au parti au pouvoir dirigé par Lee Jae-myung, son rival libéral. Il a d’ailleurs affirmé : « Comment pourrais-je gérer une dictature à long terme ? Je ne saurais même pas comment faire ! »

Le tribunal rendra son jugement le 19 février.

Quelles sont les accusations contre Yoon ?

Yoon, un conservateur aguerri et ancien procureur général, a déclaré un état d’urgence le 3 décembre 2024. Cette déclaration, accompagnée d’accusations contre le Parti démocratique, alors majoritaire au parlement, n’a duré que six heures avant que les législateurs n’interviennent pour l’annuler.

Ce geste a été perçu comme un suicide politique : Yoon a été destitué onze jours plus tard et formellement écarté de la présidence le mois d’avril suivant.

Peu après son entrée en fonction, Lee a approuvé une législation lançant des enquêtes indépendantes sur la déclaration de loi martiale de Yoon ainsi que sur d’autres allégations criminelles. Sept anciens responsables militaires et policiers ont été jugés aux côtés de Yoon.

Répondant à ses critiques, Yoon a défendu sa décision de loi martiale, affirmant que le public l’avait perçue comme « une mesure de protection de la liberté et de la souveraineté du peuple ».

Les procureurs ont contredit ses assertions de défense de la démocratie, affirmant que Yoon avait collaboré avec la police et l’armée « pour suspendre de force le fonctionnement du parlement » et chercher à arrêter des opposants politiques tout en bloquant les médias critiques. Ils ont rappelé que sa déclaration de loi martiale évoquait des souvenirs douloureux pour les Sud-Coréens, rappelant les régimes de Chun Doo-hwan et Roh Tae-woo, tous deux condamnés pour insurrection.

Quelles sont les conséquences possibles ?

Le code pénal sud-coréen prévoit la peine de mort, la réclusion à perpétuité avec ou sans travaux forcés pour un chef d’insurrection. Certains experts estiment que la poursuite de la peine de mort pour Yoon est surtout symbolique, en raison d’un moratoire de facto sur les exécutions depuis 1997.

La présidence a déclaré qu’elle croit que la justice statuera « conformément à la loi, aux principes et aux attentes du public ». Amnesty International a dénoncé la demande de peine de mort, la qualifiant de « régression » pour la Corée du Sud.

Quel que soit le dénouement légal, Ryu Yongwook, professeur assistant à l’Université nationale de Singapour, souligne que les tensions nées de la déclaration de loi martiale de Yoon sont peu susceptibles de disparaître rapidement, avertissant que la bataille politique pourrait perdurer.

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