La mortalité en France en 2024 : un bilan préoccupant malgré des tendances positives
Une étude exhaustive française, publiée le 23 juin 2024, fait état de 641 046 décès enregistrés en France, marquant une augmentation d’environ 4 000 par rapport à l’année précédente, rapporte TopTribune.
Le taux de mortalité standardisé, qui ajuste le nombre de décès pour 100 000 habitants selon le vieillissement de la population, indique cependant une légère diminution par rapport à 2023. Bien que cette tendance soit encourageante, elle reste en deçà des attentes formulées avant la pandémie de Covid-19.
Les deux grandes causes restent les mêmes
Les tumeurs demeurent la principale cause de décès dans le pays, représentant 173 502 décès, soit plus d’un quart du total. La mortalité liée aux cancers semble globalement en déclin, même si certaines tendances soulèvent des inquiétudes, notamment la progression du cancer du pancréas et l’augmentation des cancers du poumon chez les femmes.
Les tumeurs affectant les poumons, les bronches et la trachée sont responsables de 18,1% des décès par cancer, suivies des cancers colorectaux à 9,9 % et des tumeurs malignes du pancréas à 8 %.
Les maladies cardio-neurovasculaires, notamment les infarctus et les AVC, constituent la deuxième cause de mortalité, avec un décès sur cinq. Bien qu’une légère diminution soit observée, ces conditions demeurent préoccupantes, notamment en raison du vieillissement de la population.
Évolution des maladies respiratoires
Une des principales évolutions recensées en 2024 concerne les maladies de l’appareil respiratoire, qui, avec 52 667 décès (8,2 % du total), ont augmenté par rapport à 2023, particulièrement à cause de la grippe et des pneumonies, touchant principalement les personnes âgées de plus de 85 ans. En revanche, la mortalité due au Covid-19 continue de diminuer.
Les maladies chroniques et les « facteurs de risque » sont également des éléments clés, étant associés à près d’un tiers des décès, incluant des comorbidités comme l’hypertension, le diabète et les troubles cardiaques. Pour les moins de 65 ans, l’alcool et le tabac sont des facteurs de risque prédominants.
Enfin, l’étude souligne une limite significative : 4,8 % des décès ont une cause indéterminée et 16,5 % présentent une cause initiale insuffisamment précise, incluant des arrêts respiratoires, la sénilité, des insuffisances cardiaques et des septicémies sans précision sur leur origine.
Les premières estimations pour 2025 indiquent une poursuite de la baisse des taux de mortalité pour les cancers et les maladies cardiovasculaires. Toutefois, le nombre total de décès pourrait rester élevé en raison du vieillissement démographique, avec l’arrivée des générations du baby-boom atteignant un âge avancé.
Source : Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees), Inserm via son Centre d’épidémiologie sur les causes médicales de décès (CépiDc-Inserm) et Santé publique France.