Les feuilles tombent à Paris : les arbres résistent à la sécheresse et aux canicules estivales

Les feuilles tombent à Paris : les arbres résistent à la sécheresse et aux canicules estivales

21.08.2026 16:57
2 min de lecture

À Paris, la présence de feuilles mortes sur les trottoirs suggère un anticipé automnal, alors que le mois d’août semblait encore estival. Les épisodes de canicule successifs et la sécheresse préoccupent les experts, qui s’interrogent sur la résilience des arbres face à ces conditions extrêmes, rapporte TopTribune.

Amaury Pollet, responsable du pôle sylvicole de la mairie, souligne que « les feuilles par terre sont la conséquence des coups de chaleur des derniers mois. L’arbre se met en repos, en protection. » Les espèces présentes sur le boulevard des Batignolles, comme le micocoulier de Provence, les tilleuls et les ormes, sont jugées en bonne santé et montrent une « réaction naturelle » face à ces conditions climatiques extrêmes. « L’arbre est très résilient », rassure-t-il.

Cependant, la chute des feuilles met en lumière la nécessité d’adapter les pratiques de gestion urbaine face au changement climatique. Les experts constatent que si les arbres supportent relativement bien la chaleur, la combinaison chaleur-sécheresse nécessite une réponse proactive. Serge Muller, professeur émérite au Muséum National d’Histoire Naturelle, note que « lorsque la canicule se double d’une sécheresse, l’arbre adopte une stratégie de survie. » Bastien Castagneyrol, de l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (Inrae), ajoute que les feuilles tombent avant que le stress hydrique n’entraîne des dommages irréversibles à l’arbre.

Les experts prédisent que les véritables conséquences de cette sécheresse ne se feront pas sentir avant le printemps suivant. Castagneyrol souligne que « nous n’allons pas avoir d’arbres qui meurent en masse » à cause d’une seule sécheresse, mais il avertit d’un potentiel « affaiblissement progressif » si de tels épisodes se reproduisent.

La diversification des espèces d’arbres apparait également comme une nécessité. Certaines espèces sont « très vulnérables à la sécheresse », tandis que d’autres, comme les platanes, semblent mieux adaptées. Laurent Chadirac, spécialiste au sein du service de l’arbre et des bois de la mairie, affirme qu’un platane, habitué à la chaleur, « va perdre ses feuilles et va se régénérer très facilement », ce qui est déterminant dans la gestion forestière urbaine. Environ 35 % des arbres parisiens sont des platanes, parmi plus de 800 essences recensées dans la ville.

Accélérer la diversification des espèces dans les villes

Face aux défis climatiques, Paris a entrepris une accélération dans la diversification des espèces d’arbres, s’inspirant des pratiques agricoles dans d’autres régions, où des cultures comme les pois chiches et les cactus sont développées. La municipalité privilégie la plantation d’essences régionales et indigènes, favorisant la biodiversité.

L’exemple de la place Prosper Goubaux dans le 17e arrondissement en témoigne : une variété de charme commun, considérée comme « plutôt forestière », montre des signes de stress hydrique. Laurent Chadirac note que les feuilles vertes se colorent de marron, indiquant « des signes de dégradation ». Il a donc été décidé d’introduire une essence plus résiliente, le charme-houblon, mieux adapté aux conditions climatiques extrêmes.

Bastien Castagneyrol insiste sur le fait que les municipalités doivent « utiliser la diversité des arbres pour résister aux épisodes climatiques extrêmes. » À la rue de Naples dans le 8e arrondissement, deux petites essences, le parrotia persica et le koelreuteria paniculata, originaires d’Asie, ont été plantées avec succès sur des bandes végétalisées.

Serge Muller encourage l’utilisation d’essences exotiques, notamment méditerranéennes, asiatiques ou américaines, dans les zones urbaines, où les températures s’élèvent souvent comparativement aux forêts. Bien que Paris engage déjà cette démarche, il estime qu’il serait bénéfique d’aller encore plus loin dans cette voie.

Les perspectives de gestion des espaces verts à Paris mettent donc en exergue la nécessité d’une approche proactive et diversifiée pour préserver la santé des écosystèmes urbains face au défi croissant du réchauffement climatique.

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