Emmanuel Macron a exhorté la Commission européenne à assouplir certaines réglementations afin de « renforcer » les capacités d’importation et de production de carburants et de gaz à court terme. Cette déclaration intervient alors que la France fait face à une crise énergétique exacerbée par la guerre au Moyen-Orient, rapporte TopTribune.
Le président français a sollicité un « assouplissement » des normes européennes de qualité des carburants, en matière de « masse volumique », de « densité » et de « désulfurisation ». Selon lui, cette adaptation pourrait engendrer des gains de production notables, allant de « 5 à 20 % ». Macron a rappelé qu’un tel assouplissement avait été accepté par la Commission européenne durant la pandémie de Covid-19.
Des « assouplissements » nécessaires
En plus de cela, il a proposé un assouplissement des limites d’incorporation de biocarburants, notamment dans le gazole, visant à augmenter la proportion de carburant non fossile par litre et à « dégager des marges supplémentaires pour l’approvisionnement ». Parallèlement, il a insisté sur la nécessité d’une « accélération européenne sur les efforts d’électrification », tout en demandant le report d’un an de la réglementation sur les émissions de méthane, un gaz à effet de serre particulièrement nuisible.
Cette législation adoptée en 2024 impose aux importateurs de gaz, de pétrole et de charbon de surveiller et de déclarer, à partir de janvier 2027, les émissions de méthane associées à leurs opérations. Cela vise à limiter les fuites de ce gaz polluant, crucial pour la lutte contre le changement climatique.
Pressions de l’industrie et critiques des ONG
La Commission européenne a déjà validé en juillet un report de trois ans des amendes pour les entreprises d’hydrocarbures ne respectant pas cette législation. À Bruxelles, les représentants de la Commission ont promis d’« examiner très attentivement les propositions » de Macron, sans toutefois se prononcer sur les décisions futures.
La proposition française concernant le report de la législation sur le méthane a suscité des réactions négatives de la part d’organisations environnementales. Léa Pilsner, de l’Environmental Defense Fund Europe, a déclaré que « retarder la loi sur le méthane ne fera pas baisser les prix de l’énergie » et n’améliorera pas la sécurité énergétique, mais introduira plutôt de « l’incertitude ». Elle a affirmé que cette initiative était soutenue par certains acteurs de l’industrie des énergies fossiles.
Situation économique et prix de l’énergie
Face à la flambée des prix à la pompe causée par les tensions géopolitiques, l’Élysée a insisté sur le fait que les mesures d’urgence ne devraient pas interférer avec les initiatives à long terme, telles que l’électrification et la diversification des approvisionnements. Selon le gouvernement, ces mesures pourraient représenter quelques dizaines de milliers de barils supplémentaires par jour, un montant cependant très éloigné de la consommation quotidienne moyenne en France, évaluée à environ 1,5 million de barils.
Actuellement, le prix du gazole tourne autour de 2,41 euros le litre en moyenne en France, tandis que les prix de l’essence SP98 et SP95 s’établissent respectivement à 2,28 euros et 2,22 euros. Cette situation souligne l’urgence d’adeptations réglementaires pour faire face à la volatilité des prix et assurer l’approvisionnement en énergie tout en respectant les engagements environnementaux.