Les députés, réunis récemment au sein de la commission des Finances à l’Assemblée nationale, ont voté le 8 octobre 2026 en faveur d’un prêt à taux zéro (PTZ) destiné aux familles avec des jeunes enfants ou des enfants à naître. Cette initiative vise à faciliter l’achat d’un logement plus spacieux pour les familles, rapporte TopTribune.
Le projet proposé par le gouvernement, sous la conduite du Premier ministre Sébastien Lecornu, avait un cadre initialement restrictif. Seules les familles avec un enfant de moins de trois ans ou un enfant à naître avaient le droit de bénéficier d’une nouvelle tranche de PTZ, mais cela était conditionné par des critères de ressources financières.
Suppression des conditions de ressources et montant porté à 100 000 euros
Un amendement introduit par le groupe MoDem a notablement modifié la situation. Il a abrogé toutes les conditions de ressources, augmenté le montant maximum du prêt à 100 000 euros, et élargi le dispositif aux familles avec un enfant âgé de moins de cinq ans, contre trois ans dans la version originale.
Le député MoDem Jean-Paul Mattéi a soutenu l’idée que cette mesure est « pragmatique » et répond aux besoins des couples jeunes en quête de solutions pour améliorer leur logement. Bien qu’il ait reconnu le coût fiscal de cette décision, il a également précisé qu’elle pourrait générer des recettes supplémentaires grâce aux investissements qui seraient réalisés.
De leur côté, les membres du parti de gauche ont exprimé leur désaccord. Le député de La France insoumise Éric Coquerel a exprimé des inquiétudes concernant la suppression des plafonds de ressources, redoutant une pression sur les familles à faibles revenus qui seraient en concurrence avec des ménages plus aisés pour accéder à ce dispositif.
Les Écologistes ont également voté contre l’ensemble du texte, y voyant un avantage financier pour des ménages déjà propriétaires, tout en arguant que le véritable objectif du PTZ devrait être de favoriser l’accès à la propriété.
Il est important de noter que ce vote en commission est seulement consultatif. Les députés devront réviser le texte de fond lors de la discussion du projet de loi de finances, qui débutera le 13 octobre 2026, et la proposition pourrait encore être ajustée, réduite ou validée.
Un autre bras de fer sur les bailleurs sociaux
En parallèle, des tensions ont également émergé concernant le logement social. Le gouvernement souhaite prolonger jusqu’en 2030 certaines exonérations fiscales destinées aux bailleurs sociaux, une mesure qui n’a pas trouvé d’écho positif chez le Rassemblement national.
Cependant, un amendement porté par le député Renaissance Guillaume Kasbarian a été accepté, instaurant une dégressivité dans les exonérations fiscales sur les biens fonciers, ce qui vient atténuer le soutien initial accordé à ces bailleurs.
Dans une analyse publiée sur LCI le 9 octobre 2026, l’éditorialiste économique Nicolas Doze a partagé son point de vue sur l’élargissement du PTZ. Il a souligné que des arguments en faveur de cette mesure existent, notamment en raison de l’impact sur la natalité. Il a ajouté que même si le logement ne constitue pas une solution unique aux problématiques actuelles, il reste un facteur déterminant alors que le taux de propriétaires diminue et que le marché locatif est très stagnant, ces ajustements étant des leviers potentiels pour dynamiser le secteur de la construction.
