Les députés testent le programme Evars : une initiative pour l’éducation à la vie affective et sexuelle
Le 2 décembre 2025, une vingtaine de députés français, dont Gabriel Attal et Mathilde Panot, ont participé à une séance d’Evars, un programme éducatif destiné à remettre en cause les stéréotypes sexistes, rapporte TopTribune.
Ce programme, inscrit dans la loi depuis 2001, a été doté d’un contenu adapté depuis cette rentrée scolaire. L’Evars aborde des thématiques variées telles que la santé reproductive, la prévention, l’égalité entre les sexes, la lutte contre les violences sexistes et sexuelles, ainsi que des questions d’orientation et d’identité sexuelles.
A l’Assemblée nationale, 577 députés ont été conviés, mais seuls une petite vingtaine, pour la plupart issus de la gauche et du centre-droit, ont répondu à l’appel des organisateurs. Marie-Charlotte Garin, députée écologiste, et Véronique Riotton, membre d’Ensemble pour la République, étaient à l’origine de cette initiative, soutenue par plusieurs associations. Garin a souligné : « Nous voulons faire de la pédagogie auprès des députés pour qu’ils deviennent nos ambassadeurs dans les territoires. » Elle a également signalé que des parents, en particulier ceux de l’association Parents vigilants, proches du parti d’extrême droite Reconquête, exprimaient leur opposition au programme.
La séance a commencé par des thèmes adaptés aux jeunes enfants, comme le vocabulaire des parties intimes et la prévention des violences sexuelles. Ensuite, le Planning familial a proposé aux élus d’explorer « la rivière du doute », un outil éducatif permettant aux adolescents de réfléchir sur les stéréotypes sexistes. Soumya Bourouaha, du groupe Gauche Démocrate et Républicaine, a déclaré : « C’est plus difficile d’être une femme, on galère, c’est difficile de se faire entendre. » Elle a ajouté qu’il y avait « beaucoup à changer et ça ne viendra pas des hommes ».
En plein débat budgétaire, les associations s’efforcent de convaincre les élus d’accorder des financements pour ces séances, qu’elles estiment à 620 millions d’euros par an. Bien que la loi impose depuis 2001 trois séances annuelles d’information et d’éducation à la sexualité dans les établissements scolaires, cette réglementation n’a jamais été appliquée de manière systématique. Récemment, le tribunal administratif de Paris a reconnu que l’État avait failli à ses obligations en retardant l’adoption du programme Evars jusqu’en février dernier.