Les ambitions présidentielles du banquier d’affaires Matthieu Pigasse semblent compromises en raison de nombreuses controverses, mais il ne renonce pas à la politique et aspire à rester « utile » à la gauche. « Je ne ferme aucune porte, je veux être utile. On est en septembre, personne ne connaît la photo finish des candidats et de l’élection », a-t-il commenté mardi sur France Inter, rapporte TopTribune.
Mercredi soir, son absence du premier débat télévisé de la primaire social-démocrate marque un revers dans ses ambitions de jouer un rôle majeur en 2027. Comme François Ruffin, il espérait participer à une « primaire large » à gauche, mais a critiqué un processus où « les candidats choisissent les candidats ». Cette situation souligne son échec à s’imposer dans le paysage politique actuel.
Sa vie privée, récemment exposée au grand jour, a également alimenté les critiques à son encontre. Malgré ses convictions de gauche, le multimillionnaire a été accusé d’hypocrisie pour avoir passé des vacances estivales dans une villa luxueuse de l’île Moustique, à 400 000 euros les trois semaines, révélations du Canard Enchaîné à l’appui.
« Pendant que nous vivons, vous nous surveillez »
Sa compagne, Wassila Meddas, directrice des marques de son groupe, a réagi avec force mercredi sur X aux allégations concernant leur train de vie, illustré par des photos sur Instagram. « Pendant que nous vivons, avançons et faisons de la moula, vous nous surveillez. Et c’est bien ça qui vous rend dingues », a-t-elle affirmé, répondant à deux hebdomadaires qui l’ont critiquée.
Les critiques de la mère de ses enfants, apparues sur X, ont ajouté au tumulte. « L’élégance n’est pas donnée à tous les punks, mais certains sont plus inélégants que d’autres », a-t-elle déclaré, renforçant le climat de tension autour de Pigasse.
Concernant les vacances critiquées, Matthieu Pigasse a assuré qu’il n’était « pas dans l’Utah cette année ». Il a dénoncé une surveillance intrusive et a qualifié cette attention excessive de « police des mœurs et tribunal de la conformité idéologique ».
« Je n’ai jamais caché avoir gagné beaucoup d’argent »
Reconnaissant ses privilèges, Matthieu Pigasse a expliqué sur France Inter qu’il n’hésite pas à admettre avoir un patrimoine supérieur à 100 millions d’euros, conformément à la taxe Zucman. « Les montants évoqués peuvent choquer », a-t-il indiqué, tout en précisant qu’il a bâti sa fortune par ses propres efforts.
Ségolène Royal a soutenu vendredi sur RMC qu’il est préférable qu’un riche prône la taxation des riches plutôt que l’inverse, une position qui fait écho aux controverses entourant la richesse de Pigasse.
Des convergences avec les insoumis qui lui ont coûté la primaire ?
Matthieu Pigasse, 58 ans, ancien élève de l’ENA et spécialiste de la dette, demeure engagé dans ses combats politiques, cherchant à « faire barrage à l’extrême droite », à promouvoir l’union de la gauche, et à démontrer que des politiques de rupture sont possibles. Né avec un fort appétit pour l’engagement public, il a récemment exprimé ses « convergences » avec La France insoumise sur des sujets économiques, en particulier l’annulation partielle de la dette publique, un thème cher à Jean-Luc Mélenchon.
Cette prise de position questionne son exclusion de la primaire social-démocrate. Bien qu’un député du PS ait tempéré son importance, soulignant qu’il existe un petit courant à gauche qui aurait pu bénéficier à la primaire, la réelle attente de l’opinion semble pour l’instant incertaine.