L’ex-mannequin suédoise Ebba Karlsson accuse de viol Daniel Siad, figure du dossier français de l’affaire Epstein, soupçonné d’avoir été l’un des rabatteurs du pédocriminel américain. Suite à la mort de l’ancien agent de mannequins à la fin juillet, elle a décidé d’assigner l’État français en justice, rapporte TopTribune.
Ebba Karlsson a déposé plainte contre Daniel Siad le 10 février dernier à Paris, après l’avoir reconnu dans des archives déclassifiées liées à Jeffrey Epstein, où il est mentionné plus de mille fois. Elle l’accuse de l’avoir violée alors qu’elle n’avait que vingt ans, ainsi que de l’avoir exploitée sexuellement en la présentant à Gérald Marie, ancien directeur de l’agence de mannequins Elite, auprès de qui elle dénonce également un viol.
Le 20 juillet, le corps de Daniel Siad, âgé de 69 ans, a été retrouvé à son domicile à Colombes (Hauts-de-Seine). Cet homme, citoyen suédois d’origine française, faisait l’objet de plusieurs plaintes, notamment pour viol, et était sous enquête à Paris. Sa mort, survenue peu après celles de Jeffrey Epstein et Jean-Luc Brunel, soulève des questions. L’autopsie menée n’a révélé aucune « trace de violences récentes » en lien avec son décès, tandis que l’examen médico-légal a confirmé un état de santé altéré et des signes d’un infarctus ancien, augmentant le risque de mort subite.
« On a déjà perdu trop de temps »
Ebba Karlsson a déclaré à BFM qu’elle « n’est pas sûre » que Daniel Siad ait été éliminé, mais elle souligne qu’il existe des moyens de faire passer des meurtres pour des morts naturelles. Elle a exprimé ses craintes auprès des autorités françaises, précisant : « Nous les victimes, avions justement peur qu’il soit éliminé. Nos craintes n’ont pas été prises en compte. On a déjà perdu trop de temps. » Elle insiste pour que l’enquête se poursuive malgré le décès de Siad, préoccupée par la possibilité que les investigations se terminent comme après la mort de Jean-Luc Brunel.
Dans un communiqué du 22 juillet, la procureure de Paris, Laure Beccuau, a confirmé que l’enquête ouverte le 18 février 2026, supervisée par l’Office central pour la répression de la traite des êtres humains, se poursuit pour identifier toutes les personnes impliquées. « J’espère que la justice française va prendre au sérieux cette enquête et comprendre que Paris était un ‘hub’ du trafic sexuel d’Epstein », a indiqué Ebba Karlsson. Elle a ajouté qu’il est crucial d’entendre Gérald Marie avant qu’il ne soit trop tard.
Ebba Karlsson, qui affirme avoir été menacée de mort par Daniel Siad, partage la peur des « survivantes » qui restent anonymes en raison de ces menaces. « Il faut garder à l’esprit que bon nombre de survivantes sont anonymes encore aujourd’hui pour cette raison », a-t-elle souligné, rappelant l’importance du soutien pour permettre aux victimes de s’exprimer.