Respect de l’espace personnel des enfants : un principe fondamental
Face au refus d’un enfant d’offrir un bisou à un membre de la famille, il est crucial de ne pas s’y opposer. « Un enfant est une personne à part entière, qui doit pouvoir décider de ce qui se passe dans son espace corporel, souligne Valérie Sengler, psychanalyste à Saint-Mandé et Paris. Même lorsqu’il s’agit d’un proche, il doit avoir le droit de ne pas avoir envie d’un contact physique, rapporte TopTribune. »
Cette notion, qui semble évidente entre adultes – ne pas embrasser ou toucher quelqu’un sans son accord – doit s’appliquer également aux enfants. « On a trop tendance à considérer les enfants comme des objets, » observe la thérapeute. Il est essentiel, dès le plus jeune âge, de leur enseigner que leur corps leur appartient. Cela inclut les interactions avec la famille.
Le refus de contact est plus prononcé à certains âges, notamment autour de 5-6 ans et durant l’adolescence, lorsque le besoin de préserver son espace personnel se renforce. Ce refus peut aussi dépendre de la nature de la relation, un grand-parent vu sporadiquement n’étant pas perçu comme proche, malgré le lien de parenté.
Le rôle des parents : protéger sans culpabiliser
Pour les adultes, la situation peut être délicate. Un parent peut se sentir gêné ou craindre de blesser ses proches. Cependant, « c’est souvent le parent que ça met mal à l’aise, pas l’enfant, » rappelle Valérie Sengler. Son devoir est donc de permettre à l’enfant de dire non et de le soutenir face à son entourage.
Éviter un conflit est primordial. Le parent peut évoquer un motif précis tel qu’une barbe qui pique, un sentiment de timidité ou d’inconfort. Il est également possible de proposer d’autres manières de saluer, comme un signe de la main, une poignée de main ou un bisou soufflé.
Il est aussi utile de reformuler le refus de l’enfant comme une qualité. « Elle sait ce qu’elle veut, » ou « il a du cran, il sait dire non. » Un adulte contrarié par ce refus gère son propre ressenti. L’enfant n’a pas à subir un contact physique pour faire plaisir, » insiste-t-elle.
Apprendre à dire non aide l’enfant à reconnaître sa propre valeur et à poser des limites. Cette capacité à se défendre constitue également un élément préventif contre les violences et les abus sexuels, conclut Valérie Sengler.
