Une nouvelle étude de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (ANSES) met en lumière les dangers associés à l’exposition professionnelle aux rayons ultraviolets (UV), qui touchent de nombreux secteurs en France, y compris l’agriculture, la restauration et les travaux publics. L’expertise publiée le 15 octobre 2026 établit un lien de causalité avéré entre l’exposition aux UV et l’apparition de cancers de la peau, rapporté TopTribune.
UV au travail, danger pour la peau !
Les rayons ultraviolets, qu’ils soient naturels ou artificiels, représentent un risque majeur pour la santé des travailleurs. L’ANSES a confirmé qu’il existe un lien entre l’exposition professionnelle aux UV et trois types de cancers cutanés : les carcinomes épidermoïdes, les carcinomes basocellulaires et les mélanomes.
Environ 3,5 millions de salariés en France travaillent à l’extérieur, dont près de 150 000 sont exposés aux UV artificiels, selon l’enquête Sumer de la DARES (Direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques) de septembre 2020. Les métiers liés à l’extérieur, comme les vendanges ou l’entretien des pistes de ski, sont particulièrement concernés.
Les conditions climatiques, telles que le vent et les températures fraîches, peuvent faussement diminuer la perception du risque d’exposition aux UV. De plus, l’utilisation de lampes UV pour la désinfection et certaines activités industrielles comme le soudage contribue également au risque d’exposition.
Dépistage, reconnaissance et indemnisation
L’ANSES recommande de dépister rapidement les cancers cutanés, soulignant que 90 % des cas sont guérissables s’ils sont détectés tôt. Cette démarche devrait être intégrée dans les consultations de médecine du travail et de dermatologie.
La prévention de l’exposition aux UV ne doit pas se limiter à des mesures individuelles telles que l’utilisation de crème solaire ou de vêtements protecteurs. Selon l’ANSES, il est essentiel d’adopter des mesures collectives, comme l’évaluation des risques dans le Document unique d’évaluation des risques professionnels (DUERP) et l’ajustement des horaires de travail lors des fortes expositions.
L’agence insiste sur la nécessité d’organiser un recensement des cancers cutanés professionnels et de reconnaître officiellement l’exposition aux UV comme un risque professionnel à part entière. Actuellement, moins de 0,5 % des demandes de reconnaissance de cancers cutanés comme maladies professionnelles ont été acceptées en France, en comparaison avec d’autres pays européens tels que l’Allemagne, où un nombre significatif de cas a été reconnu.
