Le ministre de l’Économie, Roland Lescure, a exprimé des réserves quant à la proposition d’un emprunt obligatoire à taux zéro pour les contribuables les plus aisés, mise en avant par les sénateurs socialistes dans le projet de budget pour 2026. Selon lui, la France n’a pas de difficultés à se financer sur les marchés, déclarant qu’il n’y a « pas besoin » d’un emprunt « forcé » auprès des plus riches, rapporte TopTribune.
Les déclarations de Lescure ont eu lieu sur France Inter, où il a souligné que « le ministre des Finances n’a pas de problème à régler » concernant le financement de la dette, affirmant que les investisseurs continuent de prêter à la France. Il a également mis en garde contre les conséquences d’un emprunt forcé, qui « ne donnerait pas forcément un message très positif ».
« Pas tranché de position »
Plusieurs amendements socialistes proposés au projet de loi de finances pour 2026 visent à instaurer cet emprunt obligatoire pour environ 20 000 des contribuables les plus riches. La porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, a indiqué que l’exécutif « n’avait pas tranché de position » sur la question, tout en se déclarant ouverte à explorer les modalités de mise en œuvre avec les socialistes.
Bregeon a rappelé l’importance de veiller à ce que toute mesure ne nuise pas à l’emploi ou à l’innovation, en exprimant le besoin d’un « socle commun » qui soutienne la croissance française. De son côté, le président du groupe socialiste au Sénat, Patrick Kanner, a défendu l’idée de cet emprunt comme une forme de « patriotisme fiscal », soulignant qu’il n’affecterait que marginalement les plus grandes fortunes. Selon ses estimations, cette mesure pourrait rapporter entre 6 et 15 milliards d’euros et concernerait seulement 0,05 % des foyers fiscaux.
« Nostalgiques des années Mitterrand »
Un amendement similaire a également été déposé par le groupe écologiste au Sénat, alors que les débats sur le projet de loi de finances démarrent jeudi. Lescure a réagi en soulignant que la dernière expérience d’un tel emprunt obligatoire remonte à 1983 sous le gouvernement Mauroy, et qu’il ne ressente pas de besoin de financement pour l’État à l’heure actuelle, ni l’année prochaine.