Réforme des groupes de besoin au collège : un avenir incertain
Instaurés en 2024, les groupes de besoin au collège, conçus pour améliorer le niveau scolaire en rassemblant les élèves en fonction de leurs compétences, font face à une remise en question par le ministre de l’Éducation nationale, Edouard Geffray. Ce dernier a laissé entendre qu’ils pourraient devenir facultatifs, rapporte TopTribune.
Le 5 décembre 2025, il a été révélé que ces groupes pourraient disparaître dès la rentrée 2026. Les syndicats d’enseignants accueillent cette potentielle décision comme un abandon, malgré l’absence d’un verdict définitif. Lors d’une réunion avec les syndicats, Geffray a mentionné qu’une réflexion sur le caractère obligatoire de ces groupes est en cours, permettant aux collèges qui le souhaitent de renoncer à cette obligation.
Initialement, cette mesure avait été mise en place pour faciliter l’enseignement des mathématiques et du français en 6e et 5e, avec l’objectif d’élever le niveau scolaire. Toutefois, elle a rapidement généré des critiques au sein du monde éducatif. Bien que la création de ces groupes ait permis des classes moins chargées et des enseignements plus confortables, les résultats pédagogiques se sont révélés inégaux. De nombreux enseignants et directeurs d’établissement ont souligné que cette restructuration avait conduit à la suppression de cours dans d’autres matières, comme les sciences et les langues, en raison de l’intensification des ressources humaines requises.
Selon des données récentes, un collège sur cinq n’a pas appliqué ce dispositif. Geffray attend toutefois un rapport final de l’Inspection générale de l’éducation, qui avait déjà publié un avis critique sur la mise en place des groupes de besoin, recommandant de réexaminer le caractère systématique de cette initiative.
Cette situation reflète une nouvelle contestation des réformes éducatives initiées par l’ancien ministre Gabriel Attal, qui avait promis une « mobilisation générale pour élever le niveau de l’école ». Les groupes de besoin, qui avaient déjà vu leur généralisation aux classes de 4e et 3e annulée, apparaissent désormais comme l’une des nombreuses mesures abandonnées tout au long des deux dernières années, y compris la labellisation des manuels scolaires ou l’obligation du brevet des collèges pour accéder au lycée.