Le lipœdème : une maladie méconnue qui touche principalement les femmes
Longtemps considéré comme de la cellulite ou de l’excès de poids, le lipœdème se caractérise par une accumulation anormale, symétrique et bilatérale de graisse, se localisant principalement au niveau des jambes, des cuisses et des hanches, rapporte TopTribune.
Notablement, les pieds, les mains et le torse demeurent épargnés, donnant lieu à un contraste visuel marqué entre des membres inférieurs volumineux et des extrémités fines, d’où le surnom populaire de « jambes poteaux ».
Pourquoi ça arrive ?
Ce trouble affecte presque exclusivement les femmes. Bien que les causes exactes restent floues, deux facteurs semblent jouer un rôle central : les hormones féminines et la prédisposition génétique.
En effet, le lipœdème se manifeste généralement à la puberté et peut s’aggraver durant la grossesse ou la ménopause, suggérant une forte influence hormonale. L’Assurance maladie souligne que « ces hormones affectent la distribution des cellules graisseuses, favorisant leur accumulation et multiplication. Cette surcroissance des cellules graisseuses « asphyxie » les tissus, entraînant la sécrétion de substances inflammatoires qui fragilisent les petits vaisseaux sanguins, provoquant des ecchymoses. »
Il est également fréquent de retrouver plusieurs cas dans une même famille, ce qui laisse envisager un facteur héréditaire.
Des symptômes qui gâchent la vie
Dans son témoignage, Camille Cerf a déclaré que ce trouble la complexait depuis de nombreuses années. Au-delà de l’aspect esthétique, la douleur—sensation de lourdeur dans les jambes, hypersensibilité au toucher, parfois même au contact des vêtements—impacte gravement la qualité de vie des femmes touchées.
Le lipœdème engendre des répercussions physiques et psychologiques interconnectées. Les douleurs articulaires et la déformation des jambes entravent la mobilité, ce qui conduit à une réduction de l’activité physique et aggrave la condition. De plus, le manque de sommeil dû aux douleurs nocturnes et les infections cutanées causées par le frottement des cuisses forment un cercle vicieux difficile à briser.
La souffrance psychologique est bien réelle. Se faire reprocher un manque de volonté pour une maladie qui résiste aux efforts (la graisse ne réagit pas aux exercices physiques ni aux régimes alimentaires) peut rapidement devenir épuisant.
Quelle prise en charge ?
Une fois le diagnostic établi—principalement basé sur l’examen clinique, l’historique de la patiente et la présence de symptômes—plusieurs approches peuvent atténuer les douleurs, freiner l’évolution de la maladie et améliorer la qualité de vie, bien qu’il n’existe pas de traitement curatif pour le lipœdème.
Une activité physique appropriée est essentielle. Les sports aquatiques (natation, aquagym, aquabike) soulagent les membres du poids corporel, protégeant ainsi les articulations. La marche, le vélo ou la danse favorisent le retour veineux et lymphatique.
Quant aux traitements, leur impact sur l’apparence des membres est limité. Ils peuvent réduire le volume des membres de 5 à 10 %, mais atténuent les douleurs et la sensation de lourdeur, tout en prévenant les complications cutanées. Les options incluent :
- Des compressions médicales sur mesure : des collants de compression (classe 2 ou 3) élaborés par un orthésiste diminuent l’inconfort et la douleur ;
- Le drainage lymphatique manuel ;
- Le soutien psychologique, recommandé en cas de souffrance psychique ou de relation perturbée avec l’alimentation.
Enfin, la chirurgie (liposuccion) peut être envisagée si la maladie est sévère et ne répond pas aux traitements, mais elle n’est pas prise en charge par l’Assurance maladie, étant classée comme une procédure esthétique.