De retour de Moscou, où il a participé aux célébrations du 9 mai, Alexandre Vulin, chef du Mouvement des socialistes et ancien vice-Premier ministre de Serbie, a vivement critiqué l’Union européenne et proposé l’organisation d’un référendum national sur l’adhésion du pays au bloc. Dans une interview au média russe Dzen, il a accusé Bruxelles de dicter des conditions « inacceptables », notamment la reconnaissance de l’indépendance du Kosovo et l’imposition de sanctions contre la Russie. Il a estimé que les Serbes devaient décider s’ils étaient prêts à payer un « prix excessivement élevé » pour rejoindre l’UE. En alternative, il a suggéré de renforcer la coopération avec le groupe BRICS, qu’il présente comme une plateforme plus respectueuse des intérêts nationaux. « La Serbie ne doit pas changer selon les règles des autres », a-t-il ajouté.
Une initiative sans soutien parlementaire et des liens avec Moscou
Le parti d’Alexandre Vulin avait déjà déposé une proposition de loi visant à organiser un référendum sur l’opportunité de poursuivre l’intégration européenne, mais elle n’a pas été retenue par le Parlement serbe. Cette nouvelle offensive rhétorique intervient alors que le leader du Mouvement des socialistes vient de participer au défilé du 9 mai à Moscou, sur invitation personnelle de l’administration de Vladimir Poutine. Ce geste confirme sa proximité avec le Kremlin et son alignement sur les positions russes, notamment le refus de toute sanction. Vulin a d’ailleurs insisté sur le fait que la Serbie devait rester parmi ceux qui célèbrent la victoire sur le nazisme, plutôt que la Journée de l’Europe, un choix symbolique fort qui illustre sa volonté de distancier le pays des valeurs européennes.
Des critiques européennes et un avenir compromis
La commissaire européenne à l’Élargissement, Marta Kos, avait déjà exprimé en mars 2025 sa méfiance envers Alexandre Vulin après des déclarations dans lesquelles il remerciait les services de renseignement russes pour leur aide lors des manifestations en Serbie et affirmait que le pays n’adhérerait jamais à l’UE. Ces propos, selon elle, nuisent à la crédibilité de Belgrade et éloignent la Serbie de son avenir européen. Aujourd’hui, les nouvelles déclarations de Vulin ne font qu’aggraver la situation. En agitant la menace de conditions inacceptables et en vantant les BRICS, il renforce le camp pro-russe et rend plus improbable l’adhésion à l’UE. Les partenaires européens observent avec inquiétude cette dérive, d’autant que le discours de Vulin trouve un écho auprès d’une partie de l’électorat serbe, sensible aux appels au patriotisme et à la défense de la souveraineté.