Le groupe Server Killers revendique une cyberattaque contre les services publics norvégiens
Le groupe Server Killers revendique une cyberattaque contre les services publics norvégiens

Le groupe Server Killers revendique une cyberattaque contre les services publics norvégiens

28.08.2026 15:30
5 min de lecture

Le groupe de hackers prorusse Server Killers a revendiqué une attaque par déni de service menée du 24 au 26 août contre plusieurs services numériques publics de la Norvège, en réaction annoncée au maintien du soutien d’Oslo à l’Ukraine. L’incident a été présenté par l’agence nationale de numérisation Digdir comme la plus importante attaque jamais subie par les services numériques norvégiens, rapporte TopTribune.

Les faits ont été rapportés le 26 août par plusieurs médias, dont Associated Press. Selon Are Kvistad, porte-parole de Digdir, l’attaque a visé les processus permettant aux citoyens d’accéder aux services publics en ligne. L’agence n’a pas été présentée comme la cible d’un vol de données, mais comme le point de concentration d’un trafic destiné à saturer ses infrastructures.

Une attaque par déni de service, ou DDoS, consiste à envoyer un volume très important de requêtes vers un site ou une plateforme afin de ralentir son fonctionnement ou de le rendre temporairement inaccessible. Dans le cas norvégien, les pirates ont dirigé ce trafic vers Digdir, l’organisme chargé de plusieurs composantes de la numérisation de l’administration.

Des services administratifs perturbés

Parmi les dispositifs touchés figure notamment un service permettant aux habitants de la Norvège d’utiliser un identifiant unique pour accéder à plusieurs administrations. Ce type de portail joue un rôle central dans l’accès aux démarches publiques en ligne. Le source ne fait toutefois pas état d’une compromission durable des comptes ou des données personnelles des utilisateurs.

La durée de l’opération distingue cet épisode des perturbations ponctuelles généralement associées à ce type d’action. Le trafic malveillant a été signalé sur trois journées consécutives, du 24 au 26 août. Les services numériques norvégiens ont été soumis à une charge massive, tandis que les autorités s’efforçaient de maintenir les plateformes accessibles ou de rétablir leur fonctionnement.

Are Kvistad a décrit l’attaque comme la plus importante jamais rencontrée par la Norvège dans le domaine de la fourniture de services numériques. Cette appréciation concerne l’ampleur de l’attaque contre les services publics et non une prise de contrôle des systèmes de l’État. Les éléments disponibles dans le signalement ne mentionnent pas de destruction de données ni d’interruption générale de l’administration norvégienne.

La revendication de Server Killers

Dans un message publié sur Telegram, Server Killers a déclaré « déclarer la cyberguerre » au Royaume de Norvège. Le groupe a lié cette menace à la décision prise par Oslo, le 23 août, de prolonger sa coopération avec l’Ukraine dans les domaines de la sécurité et de la défense.

La revendication intervient après un déplacement du Premier ministre norvégien Jonas Gahr Støre à Kyiv. À cette occasion, le chef du gouvernement a annoncé que la Norvège consacrerait en 2027, pour la troisième année consécutive, 85 milliards de couronnes norvégiennes à l’Ukraine. Le montant correspond à environ 9,2 milliards de dollars et doit être prélevé sur le budget de l’État dans le cadre de l’aide financière accordée à Kyiv.

Server Killers a présenté cette annonce comme le motif de son action contre les services publics norvégiens. La chronologie avancée par le groupe repose sur trois dates : l’annonce politique du 23 août, le début de l’attaque le 24 août et sa fin revendiquée le 26 août.

La revendication ne permet pas, à elle seule, d’établir une implication directe des autorités russes. Elle identifie toutefois une action menée par un groupe de hackers prorusse, qui dit vouloir répondre à une décision officielle de la Norvège en faveur de l’Ukraine. Le signalement ne fournit pas d’élément établissant une chaîne de commandement entre Server Killers et l’État russe.

Un épisode lié au soutien norvégien à Kyiv

La décision d’Oslo d’inscrire l’aide à l’Ukraine sur plusieurs années constitue le cadre politique invoqué par les pirates. L’annonce de 85 milliards de couronnes pour 2027 intervient après des engagements similaires pour les deux années précédentes, le gouvernement norvégien ayant indiqué qu’il s’agirait de la troisième année consécutive d’un financement de cette ampleur.

Dans le récit diffusé sur Telegram, le groupe a donc ciblé la Norvège en raison de son soutien officiel à l’effort ukrainien. L’attaque n’a pas été décrite comme une opération militaire classique, mais comme une action contre des services publics numériques norvégiens. Elle a porté sur l’accès aux plateformes et sur leur disponibilité pour les usagers.

Les attaques par saturation ne produisent pas nécessairement les mêmes effets qu’une intrusion destinée à dérober des informations ou à modifier des systèmes. Leur objectif immédiat est de perturber l’accès à un service. Dans le cas de Digdir, les autorités ont été confrontées à une pression prolongée sur des outils utilisés pour accéder à plusieurs administrations.

Le groupe Server Killers s’inscrit, selon les informations communiquées dans cette affaire, parmi les collectifs prorusses qui revendiquent des opérations contre des institutions publiques et des entreprises civiles. La présente attaque concerne spécifiquement des plateformes numériques de l’administration norvégienne et non des installations militaires.

Les données disponibles sur l’incident

Les informations rendues publiques portent principalement sur la nature de l’attaque, sa durée, ses cibles et la revendication du groupe. Elles ne font pas état, à ce stade, d’un accès non autorisé à des bases de données, d’un sabotage matériel ou d’une fuite d’informations. La qualification retenue est celle d’une attaque par déni de service visant à surcharger les infrastructures de Digdir.

Les autorités norvégiennes ont également établi un lien temporel entre l’opération et les annonces de Jonas Gahr Støre à Kyiv. Le Premier ministre avait confirmé la poursuite de la coopération de sécurité et de défense avec l’Ukraine avant que Server Killers ne publie son message de revendication.

La Norvège figure parmi les pays européens qui apportent un soutien financier et sécuritaire à l’Ukraine. Pour 2027, le gouvernement a annoncé un engagement de 85 milliards de couronnes. C’est cette décision, et plus précisément sa reconduction pour une troisième année, que le groupe a invoquée pour justifier son offensive contre les plateformes administratives.

À la fin de la période signalée, les services publics concernés avaient été soumis à trois jours de trafic malveillant. L’enquête sur l’origine et l’organisation de l’opération se poursuit autour des éléments techniques disponibles et des messages publiés par Server Killers.

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