Manifestation à Orléans : la gauche s'oppose à un congrès du Rassemblement national dans une ville encerclée

Manifestation à Orléans : la gauche s’oppose à un congrès du Rassemblement national dans une ville encerclée

24.10.2026 18:18
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À Orléans,

La ville se transforme en véritable forteresse ce samedi matin, alors que Jeanne d’Arc, la célèbre héroïne française, semble triste. Sa statue équestre, placée sur la place du Martroi, est entourée de barrières métalliques, tandis que les rues de la préfecture du Loiret sont barricadées. Les boutiques du centre-ville sont protégées par des volets de fer et des planches en bois. La présence massive des forces de l’ordre, avec des policiers et des gendarmes à chaque coin de rue, témoigne d’une situation tendue. Les transports sont également suspendus. Ce dispositif exceptionnel vise à sécuriser la manifestation TopTribune, contre le congrès du Rassemblement national prévu ce week-end dans la région Centre-Val de Loire.

« C’est un parti fasciste ! »

À la suite de débordements sécuritaires dans plusieurs villes françaises, les autorités craignaient une affluence d’éléments radicaux dans la ville, entraînant ainsi le déploiement de près de 3 000 policiers et gendarmes, y compris des unités de forces mobiles et des véhicules blindés. Cependant, autour du « village antifasciste », établi près de la cathédrale gothique, l’ambiance semble festive. Une manifestante ayant remarqué l’odeur des grillades plaisante : « L’odeur du graillon dès le matin franchement ils abusent ! ». Aux alentours de 10 heures, la présence de plusieurs milliers de personnes est attestée, rassemblées à l’appel d’une cinquantaine d’organisations de gauche.

Jacquy, ancien cheminot, portant un dossard rouge de la CGT, exprime sa préoccupation : « Le RN se veut respectable avec leur stratégie de dédiabolisation, mais c’est un parti dangereux qui exclut certaines populations, comme les immigrés et les binationaux. » Marianne, militante de la Ligue des droits de l’Homme, ajoute : « On est là pour combattre les idées du RN, comme la préférence nationale, qui stigmatise une partie de la population. » Quant à Pascal, il déclare : « C’est un parti fasciste ! Partout où l’extrême droite arrive au pouvoir, elle menace la démocratie. »

Les slogans des manifestants ciblent directement Marine Le Pen et Jordan Bardella. Plusieurs pancartes portent des messages comme « Jeanne, au secours ! Libère-nous des fachos » et « Bardella, c’est les ténèbres ». Un étudiant, Lubin, insiste sur l’importance de cette manifestation : « C’est crucial de se montrer contre les idées de racisme et de xénophobie propagées par ce parti. » Léa, quant à elle, déplore la « normalisation » du RN en déclarant : « Il est intolérable de ne pas se soulever davantage contre le RN. »

La gauche unie… contre le RN

La présence de plusieurs dirigeants de gauche, tels qu’Olivier Faure, secrétaire du Parti socialiste, et Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT, montre une unité derrière cette lutte. Bally Bagayoko, maire de Saint-Denis, est applaudi par les manifestants en disant : « Le RN est aux portes du pouvoir et il ne faut jamais banaliser ce parti qui divise le pays. » Suite à l’attaque meurtrière à Trappes, l’élu pointe du doigt une responsabilité du RN dans cette violence, malgré les dénonciations de Marine Le Pen et Jordan Bardella concernant l’attentat.

Aujourd’hui, des milliers de sympathisants se rassemblent au Zénith d’Orléans pour l’ouverture du congrès du Rassemblement national, tandis que dans le centre-ville, Dominique, en retrait, exprime son fatalisme face à la division profonde de la France : « Je regrette que notre pays soit autant coupé en deux et qu’il existe aujourd’hui deux France qui ne se parlent plus. »

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