La navette Dream Chaser ne rejoindra finalement pas la Station spatiale internationale pour son vol inaugural. La NASA a décidé de repousser l’échéance à la fin de l’année 2026, selon une annonce publiée le 29 juillet 2026. Le premier exemplaire de l’appareil, baptisé Tenacity, effectuera sa mission en autonomie complète, sans connexion à l’ISS, rapporte TopTribune.
Ce report est dû au temps nécessaire pour certifier la propulsion ainsi que les logiciels embarqués de l’appareil, conçu par l’entreprise Sierra Space. Au départ, le vol devait servir le laboratoire orbital, comme le rapporte une source spécialisée.
Un mini-avion spatial conçu pour atterrir sur piste
Le Dream Chaser se distingue nettement des capsules traditionnelles qui atterrissent dans l’eau. Grâce à sa conception à corps porteur, il peut planer naturellement lors de sa rentrée dans l’atmosphère, limitant ainsi les forces à moins de 1,5 g, contrairement aux secousses brutales que subissent les capsules classiques. Cette approche vise à protéger les équipements sensibles et les échantillons de recherche délicats, s’inspirant des principes de l’aviation commerciale.
En ce qui concerne le lancement, il reste conventionnel : l’appareil décolle verticalement, monté au sommet du lanceur Vulcan Centaur, avant de se détacher de la fusée à une certaine altitude pour débuter sa mission autour de la Terre.
Concernant ses capacités, le navire est en mesure de transporter jusqu’à 5 000 kilogrammes de matériel pressurisé à l’aller. De retour, il peut réexpédier environ 1 750 kilogrammes d’équipements intacts vers la surface terrestre, une double compétence d’acheminement et de récupération qui confère un intérêt technique au projet. Un module additionnel, dénommé Shooting Star, est chargé de transporter du fret et se désintègre volontairement dans l’atmosphère en libérant les déchets de la mission.
Sept missions obligatoires réduites à une démonstration unique
Le calendrier modifié s’accompagne d’un changement dans les conditions du contrat commercial CRS-2 signé avec la NASA. Cet accord, qui stipulait initialement sept missions obligatoires vers le laboratoire orbital, voit ses termes révisés : l’obligation ferme devient désormais une démonstration initiale unique, et les missions suivantes dépendent du succès de cette première tentative.
De manière concrète, tout repose sur la réussite du test d’atterrissage sur une piste classique. Ce résultat déterminera les prochaines étapes industrielles pour Sierra Space. En cas d’échec, l’avenir du programme serait gravement compromis.
La mise hors service de l’ISS est prévue pour environ 2030, ce qui impacte le marché orbital. Sierra Space anticipe cette transition en adaptant son appareil aux futures stations spatiales commerciales. De plus, des applications dans le domaine de la défense sont également envisagées. La réutilisabilité du vaisseau et sa capacité à ramener des charges entières se positionnent dans ce nouvel écosystème spatial en évolution, avec l’ambition de simplifier les échanges entre la Terre et l’espace.
Le retour de Tenacity, désormais prévu pour fin 2026, sera le tout premier test en conditions réelles de cette grande promesse.